Un taux d’analphabétisme de 30%, une forte désertion scolaire

Encadré

Autrefois fier de sa campagne d’alphabétisation, le Nicaragua a fortement régressé: le taux d’analphabétisme est désormais estimé à 30%. En zone urbaine, seuls 30% des enfants qui commencent l’école primaire la termine (contre10% à la campagne) et 34% de ceux qui débutent le cycle secondaire l’achèvent. Ce phénomène de désertion est évidemment accentué par le fait que l’école, suite à l’autonomisation des établissements scolaires dans les années 90, n’est plus gratuite.

Pour ce qui est de l’accès au soin, la situation n’est pas meilleure. Résultat de l’application des politiques d’ajustement ayant pour but de diminuer les dépenses publiques, la privatisation des services médicaux et hôpitaux a engendré un recul significatif des indices de santé. En 1999, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) estimait que17% de la population nicaraguayenne n’avait aucun accès à la santé. Selon les mêmes sources, deux personnes sur trois sont privées des services d’assainissement et une personne sur trois ne bénéficie pas d’eau potable.

Les femmes et les enfants constituent évidemment les catégories les plus défavorisés. Dans une société à prédominance machiste, on estime à plus de 50% les hommes qui abandonnent femme et enfants sans la moindre ressource. On retrouve par conséquent cette frange féminine de la population parmi la main-d’œuvre bon marché qu’emploient les maquiladoras (entreprises étrangères installées en zone franche, réputées pour leurs conditions de travail particulièrement précaires). Quant aux droits des travailleurs, dans un marché du travail saturé, ils ne sont souvent que théoriques: les conventions collectives sont pour ainsi dire inexistantes, le droit à la grève et à se syndicaliser la plupart du temps bafoué et réprimé. Il n’est pas rare que des responsables syndicaux soient licenciés afin de couper court à toute velléité de protestation. Quant à la situation de la propriété rurale, on assiste aujourd’hui à une contre-réforme agraire qui a pour conséquence la reconstitution de nombreuses haciendas. (apic/cgr/be)

2 novembre 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 1  min.
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