France: Le cardinal Billé a ouvert dimanche l’assemblée de la Conférence des évêques

«Le secret professionnel subit de nombreuses attaques»

Lourdes, 4 novembre 2001 (APIC) Le cardinal Louis-Marie Billé, archevêque de Lyon, a ouvert dimanche l’assemblée des évêques de France à Lourdes, qui se déroule jusqu’au 10 novembre. Le prélat, atteint d’un cancer au côlon, a confirmé que son mandat de président va s’achever «plus rapidement que prévu». Il a évoqué devant ses confrères, lors du discours d’ouverture, les événements douloureux qui ont touché récemment l’Eglise catholique en France, notamment la condamnation de Mgr Pican, accusé de ne pas avoir dénoncé un prêtre pédophile, et la perquisition effectuée par la police à l’Officialité diocésaine de Lyon.

«Le secret professionnel subit aujourd’hui de nombreuses attaques», a lancé Mgr Billé. «Dans le secret professionnel, c’est fondamentalement l’intérêt public, le bien commun de la société qui sont en cause. Le secret professionnel préserve un espace de parole, de confiance pour les personnes, espace qui garantit leur autonomie, indispensable au fonctionnement même de la démocratie».

Le prélat affirme avoir vécu douloureusement le procès de Mgr Pierre Pican, évêque de Bayeux, condamné le 4 septembre à trois mois d’emprisonnement avec sursis, pour non dénonciation de crimes et d’atteintes sexuelles sur mineur. «Je tiens à lui redire publiquement notre solidarité dans l’épreuve», a lancé l’archevêque de Lyon, soulignant que «le Tribunal de Caen a clairement rappelé que les ministres du culte étaient bien dépositaires du secret professionnel par état».

L’extrême gravité d’une perquisition

Mgr Billé a ensuite évoqué une affaire qui s’est passée cette année à l’Officialité de Lyon. Une enquête canonique portant sur un membre d’une congrégation religieuse a été réclamée par un juge d’instruction, qui a envoyé des policiers perquisitionner les locaux de l’Officialité. «Je veux ici m’en tenir calmement aux enjeux, que je crois d’une extrême gravité pour l’Eglise et pour le respect des consciences», a affirmé l’archevêque de Lyon.

«Lorsqu’un Official saura que ses notes et ses conclusions pourront être produites impunément devant une juridiction pénale, il perdra la liberté d’action qui lui est nécessaire», dénonce le prélat. «Ce n’est pas en niant délibérément le secret professionnel des ministres du culte que la justice permettra à l’Eglise d’assumer ses responsabilités et de collaborer à la manifestation de la vérité. Parmi les dossiers saisis à l’Officialité de Lyon, beaucoup ont trait à des procès en reconnaissance de nullité de mariage. Ils contiennent des confidences, qui touchent la vie la plus intime des personnes en cause. Ils contiennent des informations données par des témoins qui ne déposent qu’en raison de la garantie du secret. Comment accepter que de telles confidences soient saisies et exploitées? Comment accepter qu’elles puissent être détournées ainsi de leur finalité propre?»

Pour une mondialisation de la solidarité

Auparavant, Mgr Billé a souligné que depuis «l’effondrement du communisme, un seul système tend à gouverner le monde: le libéralisme». «Et pourtant, poursuit le prélat, des pans entiers de la population mondiale continuent à vivre dans la pauvreté et le dénuement. Les Etats-Unis, devenus l’unique superpuissance et le principal modèle, cristallisent sur eux toutes les haines et tous les mécontentements. Peut-on éviter en tout cas de redire, avec Jean Paul II, que la mondialisation de l’économie doit s’accompagner d’une mondialisation de la solidarité ?» (apic/com/bb)

4 novembre 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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