Les extrémistes sont une petite minorité; les Israéliens interpellés

Nazareth: Mgr Marcuzzo prend la défense des Palestiniens

Detroit/Nazareth, 12 novembre 2001 (APIC) Mgr Giacinto-Boulos Marcuzzo, auxiliaire du patriarcat latin de Jérusalem, a pris la défense des Palestiniens. Parmi eux, affirme l’évêque d’origine italienne, les extrémistes qui se sont réjouis des attentats du 11 septembre ne sont qu’une petite minorité. Les Israéliens doivent aussi s’interroger sur leur comportement à l’égard des Palestiniens, estime-t-il.

Les Palestiniens sont trop souvent assimilés sans nuances par les médias israéliens et occidentaux aux «extrémistes» et aux «terroristes», déplore-t-on dans les milieux ecclésiaux de Terre Sainte. «Ces exemples d’attentats suicides ne représentent pas la politique régulière des gens ou des leaders palestiniens, affirme Mgr Marcuzzo dans une déclaration au journal américain «The Michigan Catholic» à Detroit.

Manifestations antiterroristes organisées par des chrétiens et des musulmans

Le prélat rapporte que des cérémonies de prières contre le terrorisme, pour les victimes, pour la paix et la justice, ont été organisées ensemble par des chrétiens et des musulmans palestiniens après les attentats du 11 septembre. Des manifestations publiques antiterroristes ont également été mises sur pied par des chrétiens et des musulmans.

L’évêque résidant à Nazareth condamne sans ambages les attentats suicides visant les Israéliens, tout en soulignant que l’on devrait réfléchir aux causes de tels actes désespérés. Pour Mgr Marcuzzo, ils résultent du comportement israélien à l’égard des Palestiniens. Le prélat peut témoigner lui-même d’une «attaque absolument pas provoquée» qu’il a subie de la part des Israéliens.

Au début de l’année, il a essuyé des tirs contre sa voiture, pourtant marquée des insignes du Saint-Siège. «Je remercie Dieu que je suis encore en vie», a-t-il ajouté. Cette agression, qui a provoqué un «incident diplomatique», a fait le tour du monde «parce que je suis un évêque». Pourtant, de tels incidents se passent tous les jours «sans que personne n’entreprenne rien contre». Le prélat, qui plaide pour que justice soit enfin rendue aux Palestiniens, condamne tout acte de violence, d’où qu’il vienne, «car la violence engendre toujours de nouvelles violences».

Si Israël doit pouvoir vivre en sécurité, poursuit-il, les Palestiniens ont eux aussi le droit de vivre dans la paix, la liberté et la justice. C’est seulement ainsi que la petite minorité chrétienne pourra se maintenir dans la région, affirme Mgr Marcuzzo. Les chrétiens, qui ne sont plus que 320’000 pour toute la Terre Sainte, doivent pouvoir vivre au milieu des millions de juifs et de musulmans vivant dans la région. (apic/cns/kna/be)

12 novembre 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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