L’Etat israélien ne respecte pas la convention contre la torture
Genève : Le Comité contre la torture des Nations-Unies examine le rapport sur Israël
Genève, 23 novembre 2001 (APIC) Le Comité contre la torture des Nations Unies a terminé aujourd’hui l’examen du rapport sur Israël. L’Etat israélien, qui devait se conformer aux dispositions de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, est encore loin du compte, estiment Amnesty International et l’Organisation Mondiale contre la Torture (OMCT).
Les rapports des deux ONG mettent l’accent sur la persistance des méthodes de tortures et de mauvais traitements utilisés par l’Etat d’Israël contre des détenus palestiniens issus des territoires occupés alors que la Haute Cour de Justice a interdit, le 6 septembre 1999, toute forme de menace physique pendant les interrogatoires.
Le rapporteur du Comité pour l’examen du rapport d’Israël, Peter Thomas Burns, a regretté que la détention administrative n’ait pas encore été abolie et donne aux autorités le droit de détenir une personne au secret pendant plus de huit mois.
Interrogateurs anonymes et à visage couvert
Alexander Yakovlev, co-rapporteur pour l’examen du rapport d’Israël, a exprimé sa préoccupation face aux allégations selon lesquelles ceux qui procèdent aux interrogatoires se couvrent le visage et ne déclinent pas leur identité. Ce qui rend difficile pour les personnes interrogées de porter plainte pour mauvais traitement. Amnesty International, dénonce aussi le fait que des détenus restent plus de 20 jours sans pouvoir appeler leurs famille ou un avocat.
Yaakov Levy, représentant permanent d’Israël auprès de l’Office des Nations Unies à Genève a soutenu pour sa part que l’utilisation de la force physique durant les interrogatoires demeure exceptionnelle. Il l’estime justifiée lorsqu’elle permet de protéger des vies humaines et ne constitue pas une forme de torture.
Alors qu’un Israélien devient majeur à 18 ans, la police israélienne considère un Palestinien comme adulte dès l’âge de 16 ans. Elle lui fait subir les mêmes traitements que les adultes, dénoncent les deux ONG.
Le rapporteur Peter Thomas Burns a également exprimé de vives inquiétudes sur la politique de destruction des maisons dans les territoires occupés, qui n’est pas considérée par les autorités israéliennes comme une punition collective. Selon Amnesty International, plus de 500 maisons ont été détruites faisant au minimum 2000 Palestiniens sans abri, dont une majorité d’enfants. (apic/iac/bb)




