Contre un christianisme intolérant et périmé
Ecosse : L’ancien évêque d’Edimbourg doute du christianisme conventionnel
Londres, le 27 novembre (APIC) Un évêque anglican doute du christianisme. Il se déclare aujourd’hui contre un christianisme intolérant et périmé. Richard Holloway, ancien évêque d’Edimbourg, en Ecosse, assure avoir perdu la foi et cessé d’être chrétien, après avoir pourtant donné sa vie à la foi.
Richard Holloway a été à la tête de l’Eglise épiscopale d’Ecosse jusqu’à l’an passé. Il a longtemps été une figure controversée de la Communion anglicane, en particulier pour sa défense des droits homosexuels au sein du clergé
Dans son nouveau livre » Doubts and Loves» l’ancien évêque d’Edimbourg explique ce qui l’a poussé à un «abandon de la foi». Il propose une ligne de vie à ceux qui veulent rester membres de la communauté chrétienne, tout en y apportant des idées inspirées de la science et de la philosophie du jour.
Selon Richard Holloway, l’idée que Jésus est un être surnaturel qui accomplit des miracles est une interprétation d’événements basée sur une représentation périmée de la réalité. Pour l’évêque, la question de Jésus est complètement emprisonnée dans l’enveloppe culturelle de son époque, qui n’est plus acceptable aujourd’hui, même si son message central est toujours applicable.
La résurrection, explique-t-il dans une interview accordée à l’agence ?cuménique ENI, peut être considérée comme la transformation de ceux qui ont abandonné Jésus, mais ont trouvé plus tard le courage de proclamer la foi.
Selon R. Holloway, les Evangiles sont l’expression de la compréhension de Jésus par les évangélistes des années après, et non une description littérale des événements. Pour lui, la croyance doit être traitée plutôt comme une habitude d’action et non comme une représentation précise de la réalité. «Réaliser que vous avez passé une grande partie de votre vie à parler de Jésus, à imaginer des mots autour du mystère de sa signification, au lieu d’essayer de marcher sur ses traces, vous fait réfléchir», déclare- t-il.
Des doutes confirmés par l’intolérance de son Eglise
Richard Holloway a longtemps été une figure controversée de la Communion anglicane, en particulier pour sa défense des droits homosexuels au sein du clergé. Les doutes de plus en plus nombreux qu’il a éprouvés à l’égard du christianisme conventionnel ont été accélérés par l’homophobie, qu’il a constatée lors de la Conférence de Lambeth en 1998. Il s’y était fortement opposé à la motion, adoptée à une large majorité, déclarant que la pratique homosexuelle est incompatible avec l’Ecriture. L’intolérance fondée sur des textes bibliques n’a fait que renforcer son opinion selon laquelle «certains aspects du christianisme sont devenus un scandale pour les jeunes».
Richard Holloway, marié, avait déjà déclaré à l’époque de la conférence qu’il se sentait «passionnément concerné par l’aspect des droits des homosexuels» et croyait que «des relations chastes parmi les prêtres homosexuels étaient théologiquement acceptables».
Le 16 novembre dernier, il est devenu le premier lauréat d’un prix remis par le Mouvement chrétien des homosexuels et des lesbiennes, au Royaume- Uni, pour «avoir osé s’attaquer au problème de l’homophobie dans l’Eglise». (apic/eni/sh)




