Berne: Le Conseil national refuse l’initiative «Pour la mère et l’enfant»

Au nom du «droit de la femme à l’autodétermination»

Berne, 29 novembre 2001 (APIC) Le Conseil national a balayé l’initiative anti-l’avortement «Pour la mère et l’enfant» par 139 voix contre 7 et 17 absentions. Le parlement estime que la vie de l’enfant à naître ne peut en aucun cas primer sur le droit de la femme à l’autodétermination. Les évêques suisses préfèrent favoriser une politique qui lutte contre les causes sociales de l’avortement.

En acceptant l’initiative populaire «Pour la mère et l’enfant» une femme ne pourrait avorter que si la poursuite de sa grossesse met sa vie en danger et que ce danger, imminent et de nature physique, est impossible à écarter. Une femme gravement malade, pour une autre raison, n’aurait ainsi aucun droit d’avorter. Une femme violée non plus, l’initiative prévoyant tout au plus une possibilité pour elle de faire adopter l’enfant.

Le Parlement a déjà décidé, ce printemps, de dépénaliser l’interruption volontaire de grossesse durant les douze semaines suivant les dernières règles, si la femme fait valoir une situation de détresse. Le Parlement veut concilier le droit de la femme à choisir, durant les trois premiers mois, et la protection de la vie de l’enfant, ensuite.

Plusieurs orateurs ont dénoncé une attitude jugée fondamentaliste et souligné, que le bien de l’enfant et de la mère ne peuvent s’opposer. Selon eux, le bien de l’enfant dépend étroitement du bien-être physique, psychique et social de sa mère.

A la suite de cette décision, le comité interpartits «Oui à la solution des délais» dit sa satisfaction et demande aux initiants de retirer une initiative qui n’a visiblement aucune chance d’être acceptée par le peuple. Il les invite à investir leurs moyens financiers à «aide authentiques aux familles».

La conférence des évêques suisses propose un chemin différent

Dès le début, la Conférence des évêques suisses n’a cessé de clairement affirmer son message fondamental de défense de la vie, de la fécondation au dernier souffle. Elle ne peut donc en aucun cas cautionner la solution des délais. Cependant, comme l’a confirmé cet après-midi à l’APIC, son secrétaire général A. Rickemann, la promotion d’une mentalité du respect général de la vie implique une mise en pratique réaliste. Les évêques suisses estiment qu’une option, qui condamne pénalement l’avortement, d’une manière inconditionnelle, n’a pas de chance d’aboutir. Ils considèrent qu’il est préférable de développer une politique qui combat efficacement les causes, notamment sociales, qui poussent les femmes et les couples à l’interruption de grossesse. (apic/ats/sh)

29 novembre 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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