Tension entre le président de la Conférence et l’archevêque de Lima
Pérou : Le cardinal Cipriani se dit victime d’une conspiration
Lima, 30 novembre 2001 (APIC) La dénonciation par le cardinal Juan Luis Cipriani, archevêque de Lima, d’une conspiration le visant, fomentée par des «traîtres» à l’Eglise catholique, a suscité des communiqués officiels du gouvernement et de l’épiscopat du Pérou. Les uns pour lui apporter son appui, les autres pour nier le complot.
L’accusation a été prononcée par l’archevêque de Lima lors de la dernière messe dominicale à la cathédrale métropolitaine. Elle a assombri les relations entre le cardinal et le président de la conférence épiscopale, Mgr Luis Bambaren, qui a déclaré dès le lendemain que «dans l’Eglise nous sommes très unis et on ne conspire contre personne». Il a minimisé l’importance de la dénonciation du cardinal, en disant que l’assemblée des évêques ne se prononcera pas sur cette affaire, «car il n’y a pas de quoi».
Lors d’un acte officiel auquel ont assisté le cardinal et le président de la conférence épiscopale, les deux prélats étaient assis l’un à côté de l’autre, mais on a pu observer une grande froideur entre eux, selon l’agence d’Amérique Latine et des Caraïbes (ALC) à Lima. Lors de la messe dominicale du 25 novembre, le cardinal Cipriani a informé les fidèles de l’existence d’un «programme» visant à le discréditer, et plus précisément «de lettres contenant de fausses accusations qui ont rencontré un écho chez certains fonctionnaires du gouvernement, et dont la flagrante inexactitude avait amené le président de la République Alejandro Toledo à s’excuser auprès du cardinal au nom de son administration», écrit de son côté l’agence catholique ACI (Lima).
Selon ALC, le cardinal visait un personnage proche du gouvernement qui s’est rendu en septembre dernier au Vatican et qui a remis trois lettres «insinuant des conduites indues chez quelques membres du clerg». Selon Mgr Cipriani, ces lettes le discréditaient. Selon un communiqué de la présidence de la République, le Saint-Siège a fait savoir que les dénonciations contre le cardinal Cipriani visant le cardinal de Lima «n’avaient aucun fondement».
Des faux, selon la conférence épiscopale
De son côté, la conférence épiscopale a précisé qu’elle avait pu vérifier que les lettres remises au Vatican, qui ont été attribuées à des membres de la hiérarchie catholique, étaient des faux. La conférence épiscopale a manifesté sa solidarité à l’égard tant du cardinal Cipriani que de Mgr Bambaren.
Le Père Juan Julio Wicht, un jésuite bien connu, au Pérou, a admis de son côté que «la personnalité de Mgr Cipriani est polémique et conflictuelle à cause de certaines choses qu’il a faites et dites dans le passé». Mgr Cipriani, 58 ans, a été nommé sur le siège de Lima en janvier 1999 pour succéder au cardinal Vargas Alzamora. Evêque auxiliaire (1988), administrateur (1991), puis archevêque d’Ayacucho (1995). Certains à l’époque n’avaient pas manqué de rappeler son rôle controversé comme négociateur lors de la prise d’otage à la résidence de l’ambassadeur du Japon à Lima (fin 1996-début 1997), qui s’acheva dans le sang (17 morts). Lié d’amitié avec le président Fujimori, il avait durement critiqué en mars 1998 les observateurs internationaux qui avaient signalé un manque de respect des normes démocratiques dans le processus électoral en cours, s’attirant des critiques jusqu’au sein de la conférence épiscopale et de la part du cardinal Alzamora (décédé depuis). Il est devenu en février dernier le premier cardinal de la prélature de l’Opus Dei. (apic/cip/mg/bb)




