En cause: le projet d’un temple hindou sur le site d’Ayodhya
Inde: Nouvelles tensions entre hindous et musulmans
New Delhi, 14 décembre 2001 (APIC) Le projet de construction d’un temple sur les ruines de la mosquée d’Ayodhya provoque de nouvelles tensions entre hindous et musulmans, les deux communautés religieuses les plus nombreuses de l’Inde.
Les récentes déclarations d’un représentant du Rashtriya Swayamsevak Sangh (RSS) concernant la construction du temple hindou sur le site de la mosquée d’Ayodhya détruite voilà maintenant neuf ans, ont à nouveau ravivé la querelle entre hindous et musulmans. Le RSS, une organisation rassemblant un certain nombre de groupes hindous fondamentalistes, s’est engagé à commencer les travaux de construction du temple au plus tard après la date limite du 12 mars 2002.
Un porte-parole du RSS, M.G. Vaidya, a confirmé l’intention de son organisation à l’occasion du neuvième anniversaire du saccage de la mosquée d’Ayodhya par plus de 100’000 fanatiques hindous, membres ou affiliés du RSS, sous le prétexte qu’elle avait été édifiée sur les ruines d’un temple dédié à la divinité Ram. C’est en effet le 6 décembre 1992 que ces incidents ont eu lieu, suivis de troubles qui avaient opposé les hindous aux musulmans dans tout le pays et avaient fait trois mille morts.
Dans une déclaration, le porte-parole du RSS a commenté la décision de son association. Il a expliqué que la démolition de la mosquée d’Ayodhya en 1992 et l’actuel projet de reconstruction d’un temple hindou sont des initiatives qui visent à «réparer les graves atteintes infligées au caractère séculier de la nation indienne par les gouvernants musulmans d’autrefois». Selon lui, le gouvernement fédéral conduit aujourd’hui par le Bharatiya Janata Party (Parti du peuple indien, BJP), surmontera avant le 12 mars 2002 tous les obstacles qui pourraient s’opposer à la construction du temple.
Ashok Singha, président de l’organisation fondamentaliste parallèle, le Vishwa Hindu Parishad (VHP), a dit que son groupe n’épargnerait rien, y compris la stabilité politique du pays, pour parvenir à la construction de ce temple sur le site d’Ayodhya. «Il se peut que ce projet soit une menace pour le gouvernement mené par le BJP et qu’il entraîne le retrait de certaines formations alliées hors de la coalition au pouvoir». Le responsable du VHP espère cependant qu’un arrangement à l’amiable sera trouvé. (apic/eda/mk/pr)




