Fribourg: Depuis 30 ans, il monte avec la même passion la crèche à l’église de Marly
«J’aurais aimé me trouver à la place des bergers»
Bernard Bovigny, de l’agence APIC
Marly, 20 décembre 2001 (APIC) A Noël 1971, le sacristain demandait à son assistant âgé de 15 ans de placer les personnages de la crèche au pied de l’autel à la paroisse de Marly, près de Fribourg. Trente ans plus tard, l’apprenti menuisier devenu directeur d’une entreprise de pompes funèbres installe toujours avec la même passion la crèche dans l’église.
«J’ai toujours été émerveillé devant les personnages entourant l’enfant Jésus. J’aurais aimé me trouver à la place des bergers», affirme Jean- Pierre Rossier, dont le regard s’illumine lorsqu’il partage sa passion pour l’installation de la crèche. «Je commence à y penser déjà en été, quand je me promène dans les environs. Je repère des sites intéressants, et je ramasse des pierres ou des souches qui me serviront à donner un cachet particulier à l’édition en cours. En voyant par exemple un pierrier, je me dis: Tiens ça pourrait devenir la crèche de Noël. Le site est inscrit dans ma tête et je le reproduirai en décembre». Depuis l’an dernier, en raison de l’ouragan Lothar, les sols des forêts environnantes sont tapissés d’objets naturels fort intéressants pour orner la crèche.
Pour 2001, des branches de foyard au caractère sobre et passablement défeuillés, à l’image de l’année que Jean-Pierre Rossier qualifie de «plutôt noire», surplombent la scène de la nativité. Des surfaces de mousse pour les moutons, de nombreuses pierres de toutes dimensions – les plus grandes faisant office de rochers -, de l’écorce pour habiller l’étable et quatre sapins, symboles incontournables de la fête de Noël, entourent les personnages de la crèche. Depuis quelques années, une rivière coule, sur commande, au milieu des personnages.
Une journée entière d’installation
L’exercice d’installation nécessite une journée entière de travail à trois ou quatre personnes. Cette année, les deux sacristains de la paroisse et un ami à la retraite ont amené le matériel fixe, entreposé durant l’année dans la tour de l’église, à la sacristie et dans les galeries qui la surplombe. Puis Jean-Pierre Rossier débarque avec les objets récoltés dans les forêts depuis l’été: trois cageots de mousse, de l’écorce, des petites pierres et des branchages, ainsi que les sapins mis à disposition par la commune. Toute l’équipe collabore à l’installation, sous l’?il avisé du maître de séance, qui ne laisse aucune place à l’improvisation: «Dès le départ, je sais exactement ce que je veux. Et j’y arrive toujours, quitte à consacrer quelques heures de plus s’il le faut». Le même concept est gardé 5 ou 6 ans, mais avec des variations à chaque fois, de façon à rendre chaque édition unique.
Au fur et à mesure des années, Jean-Pierre Rossier a étoffé son installation. «Au début, on me demandait juste de placer les personnages au pied de l’autel. Mais rapidement, j’ai cherché à créer une atmosphère de fête et à apporter un peu de la magie de Noël». Il se donne comme ligne de conduite d’éviter tout ce qui est kitch et de n’amener que des éléments de décoration qu’il a collectés dans la nature. «J’aime ce qui est beau. Et je trouve dommage qu’on bâcle tant de choses à l’heure actuelle».
La trentaine édition ne sera pas la dernière. Rendez-vous est déjà pris pour l’an prochain avec la paroisse de Marly. «Tant que je ressens une passion, je vais continuer. Et ça peut durer encore bien quelques années», assure Jean-Pierre Rossier. (apic/bb)




