1.1.1.2 Encadré
1.1.1.2.1 De 2’000 lettres en 1965 à 800’000 en 2000: le «bras droit français» du Papa Noël a du boulot
Les demandes des petites têtes blondes, brunes ou noires ne varient guère en France. Mais l’ampleur des lettres qui parviennent au centre de tri de Libourne, à quelque 30 kms de Bordeaux, surprend plus d’un responsable de ce service de Noël du géant jaune français. De 2’000 lettres en 1965, on est progressivement passé à 20’000, pour atteindre l’an dernier plus de 800’000 lettres, qui ont occasionné 1,2 million de réponses. Il faut dire que nombre d’écoles jouent le jeu, avec des cartes porteuses de plusieurs signatures, commente à Libourne Claudine Muller, directrice du Service client courrier de La Poste française. Comme en Suisse, l’action du «bras droit français» du Papa Noël débute en novembre, pour se terminer entre Noël et la fin de l’année. Durant cette période, 60 personnes travaillent à plein temps dans ce service, pour assurer le dépouillement du courrier et les réponses. Y compris pour les internautes en herbes, encore largement minoritaires.
La demande en mariage
Seule la moitié du courrier adressé à Libourne contient des commandes de cadeaux. Les autres sont porteuses le plus souvent de confidences, de v?ux et de questions particulières. Traditionnellement, relève Claudine Muller, nombre d’interrogations portent sur le lieu gardé secret où le Père Noël prépare ses cadeaux. «Il y a deux ans, un enfant s’était inquiété de savoir si, comme il l’avait lu dans un livre, le Père Noël s’appelait bien ’Marcel Noël’ et sa femme Germaine». Car si la «Mère Noël existe, mieux vaut pour elle qu’elle se tienne sur ses gardes: son époux fait en effet l’objet de nombreuses demandes en mariages». Mais d’autres questions reviennent, commente notre interlocutrice: «Est-ce que tu as des enfants?»; «Où est ta maison.»
L’âge du légendaire barbu préoccupe aussi les gamins, y compris les bambins les plus intéressés et à la «conscience pas toujours tranquille»: «Père Noël, tu viendras quand même?»; «J’ai été sage, mais pas tout le temps. Ma maman dit que tu m’apporteras tout de même des jouets, c’est vrai?» A une époque marquée aussi par le chômage, une question revient relativement souvent: «Dis moi tu ne travailles que la nuit de Noël, et si oui, toute l’année tu es au chômage?»
Il n’est pas non plus rare que des adultes ou des adolescents écrivent. Ainsi cet amoureux éconduit soucieux de regagner un coeur. Ou encore ce jeune homme qui, avouant ne pas croire au Père Noël, déclare son amour pour son amie. «Envoie-lui une petite carte, Père Noël, et dis lui que je pense à elle». (apic/pr)




