Nazareth: Le Cabinet de sécurité israélien décide de stopper la construction de la mosquée
La «mosquée de la discorde» a provoqué des affrontements
Jérusalem, 9 janvier 2002 (APIC) Le Cabinet de sécurité israélien a décidé mercredi de stopper sur le champ les travaux de construction de la «mosquée de la discorde» à Nazareth. Le chantier, qui a débuté à la fin de l’année dernière, est situé sur une place publique que la municipalité de Nazareth destinait à l’accueil des pèlerins venant visiter la toute proche Basilique de l’Annonciation lors du Jubilé de l’an 2000.
Jean Paul II avait même menacé d’annuler sa visite en Israël si ce projet était mené à terme, relève mercredi la presse israélienne. Le président Bush a récemment abordé la question avec le Premier ministre Ariel Sharon, qui avait promis de résoudre le problème. Sur place, les fondations de la mosquée sont déjà terminées et des piliers de béton ont déjà été érigés.
La mosquée imposée par le Mouvement islamique tend depuis 1999 les relations entre chrétiens et musulmans de Nazareth, majoritaires dans cette ville très symbolique pour les chrétiens, puisque Jésus y avait passé son enfance. Située au nord d’Israël, Nazareth, avec ses 70’000 habitants, est la ville arabe la plus peuplée à l’intérieur des frontières de l’Etat hébreu.
Les Eglises locales, qui se sont vivement opposées à cette construction considérée comme une «provocation», avaient, dans un geste sans précédent, fermé à plusieurs reprises les lieux saints chrétiens aux pèlerins en raison des incidents provoqués par les islamistes. Elles estiment que la Basilique de l’Annonciation serait en constant «état de siège» si la mosquée était érigée à cet endroit.
De nombreux gouvernements étrangers, l’Autorité palestinienne, le Vatican, des instances religieuses musulmanes, sont intervenues ces dernières années pour demander le déplacement de la mosquée contestée, dans une ville qui n’en manque déjà pas. Le terrain public appartenant à l’Autorité foncière israélienne avait été mis à disposition des islamistes pour ce projet.
Diviser pour régner
Les islamistes, qui luttent pour prendre le contrôle de la municipalité de Nazareth, dirigée par Ramiz Jaraisy, un chrétien grec- orthodoxe affilié au parti «Hadash», d’obédience communiste et laïque, en ont fait un cheval de bataille politique. Au départ, ils avaient reçu l’appui de la section locale du Likoud. L’affaire de la mosquée a divisé les Arabes israéliens et affaibli leur position. Une source diplomatique israélienne a rappelé que les deux précédents gouvernements de Benjamin Netanyahou (Likoud) et d’Ehoud Barak (Travailliste) avaient autorisé la construction de la mosquée, pour des motifs électoraux, en vue de s’attirer les sympathies de l’électorat arabe. Mais elle a ajouté que depuis cette date, la situation a changé, étant donné le rôle du mouvement islamique dans l’escalade de la tension israélo-palestinienne. D’après cette source qui a voulu garder l’anonymat, les pressions du monde chrétien et du Vatican ont également influencé la décision gouvernementale.
La tombe d’un neveu de Saladin
D’après les médias israéliens de mercredi, le ministre israélien de l’Intérieur Eli Yishai et celui de l’Habitat et de la construction, Nathan (Anatoly) Chtcharansky, ont été chargés de trouver un emplacement alternatif pour la mosquée sous deux semaines. De leur côté, les responsables islamiques ont mis en garde contre les risques de violence à la suite de la décision gouvernementale. Ils considèrent la place aux abords de la Basilique de l’Annonciation comme un lieu saint musulman, car elle abrite le mausolée de Shihab el-Din, qui serait un neveu de Saladin, le vainqueur des Croisés à la bataille des Cornes de Hattin en 1187. (apic/haar/jpost/be)




