Londres: Le gouvernement britannique devrait s’abstenir dans le choix du primat d’Angleterre
Des candidats forcés à une «autopromotion indigne»
Londres, 23 janvier 2002 (APIC) Le gouvernement britannique devrait s’abstenir dans le choix du primat de l’Eglise d’Angleterre, le chef de la communion anglicane qui est à la tête de 70 millions de fidèles dans le monde. Selon la Baronne Perry de Southwark, une experte en la matière, la procédure «archaïque et secrète» d’élection de l’archevêque de Canterbury oblige les candidats à faire de l’autopromotion «indigne».
D’autre part, estime la Baronne britannique, le Premier ministre Tony Blair dispose dans le choix du chef de l’Eglise d’Angleterre d’une influence «excessive», notamment au sein de la Commission de nomination de la Couronne. Le poste sera vacant en novembre prochain, lors du départ de l’actuel titulaire, l’archevêque George Carey, 66 ans, qui part après 11 ans d’un ministère très prenant. L’archevêque Carey a vécu l’introduction controversée du sacerdoce féminin dans l’Eglise anglicane.
Perry de Southwark, pair du Royaume-Uni, a dirigé une enquête l’an dernier sur la procédure de nomination du primat anglican. Elle souhaiterait que le pouvoir du Premier ministre de retenir les candidatures et de les rejeter soit abandonné volontairement et que l’entièreté de la procédure revienne aux mains de l’Eglise.
Depuis la rupture du Roi Henri VIII avec l’Eglise romaine au 16ème siècle, c’est l’Etat qui garde le contrôle ultime sur l’Eglise d’Angleterre. La Commission de nomination se rencontre dans un lieu secret pour choisir deux candidats, mais le choix final sera laissé à Tony Blair, un anglican pratiquant qui inclinerait vers le catholicisme romain, la confession de son épouse Cherie. Il communiquera ensuite le nom de l’heureux élu à la reine Elisabeth, Gouverneur Suprême de l’Eglise d’Angleterre, pour sa ratification formelle.
La Baronne Perry de Southwark déplore que le système force les candidats à se faire de la publicité pour être élus. Les concernés eux- mêmes ne savent pas si leur nom entre en ligne de compte auprès de la Commission de nomination de la Couronne. Des milieux d’Eglise reprochent ainsi à l’évêque de Rochester, Michael Nazir-Ali, un prélat d’origine pakistanaise, son apparition sur les ondes de la radio. Pour eux, il s’agit d’une déclaration de candidature non officielle afin de devenir le 104ème archevêque de Canterbury.
La campagne militaire américaine en Afghanistan «moralement viciée»
C’est dans ce contexte de campagne électorale non déclarée que sont interprétées les prises de position publiques des candidats potentiels. Y a- t-il des relents électoralistes dans les paroles dures d’un candidat contre la campagne militaire américaine en Afghanistan ? L’archevêque de Galles, Rowan Williams, la considère comme «moralement viciée». Comme Tony Blair s’est fidèlement rangé derrière l’appel à la croisade contre le terrorisme lancé par Georges Bush, les commentateurs britanniques ont tout de suite estimé que Rowan Williams ruinait ses chances de devenir le prochain primat anglican.
D’autre part, la majorité des anglicans pratiquants vivent en dehors de Grande-Bretagne, principalement dans les pays du Commonwealth autrefois gouvernés depuis Londres. Comme ils ne jouent aucun rôle formel dans le choix de celui qui présidera la Communion anglicane, le renouvellement de la procédure s’avère d’autant plus urgente. (apic/bbc/be)




