Encadré
Frei Betto: un Dominicain resté «militant»
Le militantisme de Frei Betto est une expérience de vie qui vient de loin. A 15 ans, il est déjà vice-président de l’organisation étudiante de sa ville natale, Belo Horizonte. Puis, de 17 à 20 ans, il est président national de la JEC, la Jeunesse étudiante catholique, pour tout le Brésil. A l’Université de Sao Paulo, il participe à la lutte contre la dictature militaire brésilienne, en donnant un appui logistique à des militants – notamment à ceux de la guérilla urbaine de Carlos Marighela – pour qu’ils puissent se réfugier en Uruguay. Arrêté, il est emprisonné de 1969 à 1973, puis part comme dominicain vivre cinq ans dans une favela de Vitoria, dans l’Etat d’Espirito Santo, organisant des communautés ecclésiales de base (CEB). En 1979, il retourne à Sao Paulo, comme conseiller de la pastorale ouvrière dans la zone de Sao Bernardo do Campo, dans l’ABC, la célèbre banlieue ouvrière de Sao Paulo, la zone certainement la plus industrialisée de toute l’Amérique latine. C’est là qu’est né le PT, le parti des travailleurs de «Lula», le syndicat CUT… «J’ai été impliqué dans toute cette effervescence syndicale et politique, mais pour des raisons pastorales, je n’ai été militant d’aucun parti, même si je me déclare ouvertement en faveur du PT. En ce qui concerne mon engagement, il s’agit tout simplement d’être en cohérence avec ma foi.» Frei Betto est directeur de la revue politico-culturelle «America Libre, consultant du MST, auteur de nombreux ouvrages, notamment sur la théologie de la libération. (apic/be)




