Les Irlandaises toujours privées d’autodétermination
Irlande: L’Eglise catholique favorable au référendum sur la restriction des IVG
Dublin, 11 février 2002 (APIC) L’Eglise catholique d’Irlande a autorisé, le 7 février, ses fidèles à voter en faveur du référendum gouvernemental qui autorise l’interruption volontaire de grossesse si et seulement si la vie de la femme est en danger, exception faite pour le risque de suicide. Les évêques irlandais justifient cette prise de position en expliquant qu’il s’agit en fait d’une mesure anti-avortement. Ils sont en ce sens suivis par la majorité des groupes de pression opposés à l’avortement.
Réunis à Knock (ouest de l’Irlande) les évêques catholiques irlandais ont déclaré que «les catholiques pouvaient voter en liberté de conscience pour soutenir cette mesure, même si elle n’est pas à la hauteur de ce qui pourrait être souhaité».
Ce référendum gouvernemental, soumis au vote le 6 mars prochain, cherche à résoudre la différence entre l’interdit constitutionnel de 1983 de tout avortement et la décision de la Cour suprême de 1992, qui autorise l’avortement si la grossesse met la vie de la femme en danger. Cette mise en danger inclut spécifiquement le risque de suicide.
Cet amendement propose que des médecins en Irlande soient autorisés à pratiquer des avortements seulement si cela est «nécessaire pour éviter un risque réel et substantiel de perte de la vie de la mère, autrement que par autodestruction».
Si la majorité des groupes d’opposition à l’avortement invitent leurs adhérants à voter oui, nombre de militants sont réticents à donner ce qu’ils considèrent comme un «coup de pouce» à l’avortement, craignant un éventuel élargissement de la pratique.
Les deux principaux partis d’opposition (les travaillistes et le «Fine Gael») ont pour leur part mené une campagne en faveur du non, car la loi proposée, en excluant le risque de suicide, est plus restrictive que la décision actuelle de la Cour suprême.
Le parti travailliste est ouvertement favorable à un libre accès à l’avortement, comme le souligne son porte-parole Liz McManus qui précise «cet amendement expose la vie des femmes à un risque inutile»: celui de devoir se rendre enceintes à l’étranger en cas de grossesse involontaire, comme c’est encore souvent le cas actuellement.
La communauté psychiatrique irlandaise est pour sa part partagée entre les adeptes de la protection de la santé mentale de la femme et ceux qui soulignent qu’il est difficile d’évaluer dans quelles mesures un risque de suicide est authentique. (apic/bbc/sh)




