Réaction de Mgr Tauran: un examen nécessaire
Révision de la loi française de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat
Rome, 14 février 2002 (APIC) L’examen de la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise catholique et de l’Etat français était une «nécessité», a affirmé jeudi 14 février Mgr Jean-Louis Tauran, secrétaire du Vatican pour les relations avec les Etats, sur les ondes de Radio Vatican.
Faisant allusion à la réunion du 12 février entre des autorités politiques et religieuses françaises à Paris, le prélat qualifie de «normales» de telles discussions sur une loi vieille de près de cent ans, même s’il ne s’agit en aucun cas d’une révision de celle-ci.
Après une série de contacts pris «discrètement» depuis 1992, l’Eglise et l’Etat français ont décidé de se réunir régulièrement en vue de procéder à l’examen des problèmes d’ordre administratif et juridique qui se posent dans leurs relations. La première réunion officielle s’est tenue au siège du gouvernement français, à Paris, en présence du Premier ministre, du ministre de l’intérieur, du nonce apostolique, du cardinal archevêque de Paris et du président de la Conférence épiscopale française.
«Nous nous trouvions, en France, face à un statut qui devenait de plus en plus difficile à respecter, dans la mesure où la vie et l’évolution de la société ont créé de nouveaux problèmes», a déclaré Mgr Tauran. «Il devenait nécessaire de donner naissance à une structure de dialogue qui permette aux uns et aux autres de s’expliquer et surtout qui permette aux catholiques de répercuter leurs préoccupations au niveau administratif comme au niveau gouvernemental», a-t-il ajouté.
La principale préoccupation de l’Eglise de France et du Saint-Siège sont aujourd’hui «la tendance à marginaliser l’Eglise», a expliqué le ’ministre des Affaires étrangères’ du Vatican. «Pour nous, la liberté religieuse, ce n’est pas seulement la liberté de culte, mais aussi une liberté civile et sociale, avec une dimension visible». Mgr Tauran a toutefois reconnu que «même si la loi de 1905 a été votée par hostilité à l’Eglise et couronnait trente années de lois anticléricales, nous ne pouvons plus parler de guerre contre l’Eglise». «Nous sommes maintenant passés à une société qui est beaucoup plus pluraliste et plus tolérante», a-t-il constaté.
Faire entendre sa voix
«Il est donc normal que les catholiques puissent faire entendre leur voix non pas pour imposer leur point de vue mais pour faire réfléchir ceux qui ont la gestion des choses publiques et la société toute entière sur certains enjeux», a poursuivi le prélat. «On ne peut pas séparer l’Eglise de la société parce que la dimension transcendante de l’homme fait que les problèmes spirituels un jour ou l’autre atterrissent sur la table des hommes politiques», a-t-il ajouté, précisant qu’»il faut donner à l’Eglise cette possibilité d’être partenaire».
Pour Mgr Tauran, «ces réunions régulières sont une contribution à la modernisation des relations entre l’Eglise et l’Etat». «Nous sommes encore sous le régime d’une loi qui a cent ans d’âge et ce serait un miracle que d’avoir, dans une société démocratique occidentale, une loi qui après 100 ans n’aurait pas besoin de toilettage!». (apic/imed/pr)




