Il demande à Interpol d’aller la récupérer

Russie: Le métropolite Kirill de Smolensk accuse le Vatican d’avoir volé l’icône de Kazan

Moscou, 20 février 2002 (APIC) L’icône de Kazan a été volée, c’est maintenant à Interpol de la retrouver. Ce sont les propos rapportés le 20 février par l’agence russe Interfax et prononcés par le métropolite Kirill de Smolensk, chargé des relations extérieures du patriarcat de Moscou, lors d’une rencontre avec la presse, le 19 février.

Selon Interfax, le métropolite Kirill a souligné que cette icône est «officiellement au Vatican et l’Eglise orthodoxe russe a demandé à ce qu’elle soit rendue de quelque manière que ce soit». Tout en précisant que «l’Eglise orthodoxe russe ne demandera pas à un tribunal de ramener l’icône, parce que, au delà des actions en justice, il doit y avoir des gestes motivés par les propres consciences». Il a insisté sur le fait que «le Vatican ne devait pas avoir cela en tête lorsqu’il a érigé les quatre diocèses en Russie». Pour lui, «cette action n’allait pas contre la loi, mais était impropre et non fraternelle».

«Le Concile Vatican II, a-t-il encore ajouté, a reconnu l’Eglise orthodoxe comme une Eglise soeur où les âmes sont sauvées, et pour cette raison, ceux qui utilisent les nouveaux diocèses pour convertir les orthodoxes russes en catholiques romains agissent en contradiction avec les principes de leur propre Eglise». En conclusion, il a affirmé que «pour l’Europe et pour le monde entier, l’Eglise orthodoxe et l’Eglise catholique doivent apprendre à s’engager dans le dialogue et répondre conjointement aux défis du monde d’aujourd’hui. Si pourtant, les possibilité d’agir ensemble sont anéanties parce que l’Eglise catholique aura voulu obtenir des résultats à court terme, l’Eglise orthodoxe russe déplorera fortement cette situation».

Par ailleurs, dans son édition du 20 février, le quotidien de la conférence épiscopale italienne «Avvenire» décrit les actions récentes menées en Russie par des organisations chargées de défendre les droits civils. Elles commencent à élever la voix pour protéger la liberté religieuse et contrer les attaques dirigées contre les catholiques.

Le Vatican accusé de miner les bases de l’Eglise orthodoxe

On apprend ainsi qu’une de ces organisations, le «centre juridique slave», a présenté une requête contre la télévision publique «Ort» qui, dimanche 17 février, a présenté un programme durement anti-catholique. L’auteur de ce programme a accusé le Vatican ­ jugé «astucieux et expert en intrigues» ­ de miner les bases de l’Eglise orthodoxe russe et de vouloir imposer au pays le catholicisme avec l’aide «d’infiltrations étrangères».

Toujours selon ce programme, la hiérarchie catholique «est toute composée de Polonais et d’Allemands», présentés comme des «ennemis historiques» des Russes, lesquels devraient réagir comme au temps d’Alexandr Nevskij qui, en 1242, a chassé avec les armes, les cavaliers teutoniques. Pour l’avocat du «centre juridique slave», de tels propos sont «une incitation à la haine religieuse et ethnique». Ce même avocat a décidé de demander au parlement de censurer le comportement du ministre des Affaires étrangères qui, dans une déclaration datée du 13 février, avait qualifié le geste du Vatican de «inopportun». Le ministre aurait ainsi violé la constitution russe qui stipule une séparation entre l’Etat et l’Eglise et ne permet pas au premier de s’immiscer dans les affaires religieuses. (apic/imed/bb)

20 février 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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