L’ancien archevêque anglican de Brisbane pressé de démissionner
Australie: Abus sexuels: le gouverneur général Peter Hollingworth sous le feu de la critique
Canberra, 25 février 2002 (APIC) A la veille de la visite mercredi de la reine Elisabeth II d’Angleterre, le gouverneur général d’Australie Peter Hollingworth est sous le feu de la critique. Personnalité très populaire, le Très Révérend Hollingworth, ancien archevêque anglican de Brisbane, n’aurait pas agi correctement face à de graves cas d’abus sexuels contre des mineures dans son ancien diocèse. La pression se fait de plus en plus forte pour que le représentant de la reine démissionne, «pour le bien de l’Eglise».
L’Eglise anglicane d’Australie a annoncé l’ouverture d’une enquête sur la manière dont il a traité des dénonciations d’abus sexuels commis dans son archidiocèse quand il était archevêque de Brisbane. Le Très Révérend Hollingworth, âgé de 67 ans, occupe la fonction de gouverneur général depuis juin 2001. Il est accusé d’avoir négligé ou couvert des cas d’abus sexuels qui se sont passés il y a une bonne dizaine d’années dans un collège de jeunes filles.
«Australien de l’année» en 1991
L’archevêque catholique de Sydney, Mgr George Pell, a déclaré au journal «The Sunday Times» que le Très Révérend Hollingworth a commis une série de «graves fautes» et qu’un gouverneur général devait bénéficier d’un large soutien dans la société. Ce dernier – qui fut élu «Australien de l’année» en 1991 – ne semble plus jouir de la faveur de l’opinion publique, a-t-il laissé entendre, «et je ne suis pas certain qu’il puisse la récupérer». Le Premier ministre australien John Howard soutient toujours le gouverneur général, mais les Premiers ministres de tous les Etats fédérés et territoires d’Australie ont réclamé sa démission.
L’éthicien Alan Nichols, un prêtre anglican qui enseigne au Centre pour la philosophie appliquée et l’éthique publique à l’Université de Melbourne, a également réclamé la démission immédiate de Peter Hollingworth, «pour faire cesser les terribles dommages causés à l’Eglise anglicane par la controverse sur les abus sexuels et les accusations de dissimulation». A. Nichols relève qu’il est difficile aujourd’hui d’être prêtre anglican en Australie par la faute de certains secteurs de l’Eglise qui ont dissimulé des fautes par lâcheté et préféré protéger certains membres du clergé plutôt que de prendre partie pour les victimes. Le professeur d’éthique estime que le tort fait à la réputation de l’Eglise, qui en a pris un grand coup dans tout le pays, prendra des années pour être réparé. (apic/kna/smh/bbc/be)




