Rebâtir le temple de Ram sur les ruines de la mosquée d’Ayodhya
Inde: Les fondamentalistes hindous s’en prennent aux catholiques
New Delhi, 5 mars 2002 (APIC) Après les violents affrontements avec la communauté musulmane, qui ont déjà fait 570 morts dans l’Etat indien du Gujarat, les fondamentalistes hindous s’en prennent désormais aux catholiques. Les militants extrémistes ont incendié une station missionnaire et attaqué plusieurs prêtres et fidèles dans le Gujarat, révèle mardi l’agence vaticane FIDES.
Pendant ce temps, le VHP (Vishwa Hindu Parishad, Conseil Mondial Hindou), un groupe fanatique hindou, a juré de poursuivre son plan de reconstruction d’un temple dédié à la divinité Ram à Ayodhya sur les ruines d’une mosquée historique du XVIème siècle. La destruction par une foule déchaînée de la mosquée de Babri en décembre 1992 a provoqué une vague de violences qui a fait plus de 3’000 morts. Le VHP a annoncé vouloir poursuivre son plan d’acheminement, dès le 15 mars, de matériel de construction destiné au site du futur temple à Ayodhya.
Les évêques catholiques indiens, réunis en assemblée à Jalandhar, dans le Pendjab sous la présidence de l’archevêque Cyril Baselios Malancharuvil, président de la Conférence épiscopale indienne, ont entamé lundi une journée de jeûne et de prière pour la paix de la nation. Ils affirment que la voie du dialogue est la clef des rapports entre les religions.
Ces derniers jours, la petite Eglise catholique de l’Inde a intensifié la prière pour les victimes des affrontements islamo-hindous qui ont déjà fait près de 600 morts. Les évêques demandent à tous les citoyens indiens de se rappeler leurs traditions propres, faites de coexistence harmonieuse entre les diverses communautés qui vivent dans le pays. Dimanche 3 mars, les évêques se sont rendus en pèlerinage au Temple d’Or, lieu sacré des Sikhs, pour exprimer concrètement le concept «L’Eglise en dialogue», thème de la rencontre de l’épiscopat.
L’idéologie nationaliste de l’hindutva
FIDES rapporte que samedi 2 mars, deux prêtres catholiques et deux fidèles ont été attaqués dans le village de Khurda, dans le Gujarat, par un groupe d’activistes hindous du mouvement RSS (Rashtriya Swayamsevak Sangh, Corps national des volontaires). Le RSS milite pour l’hindutva, une idéologie nationaliste qui veut faire de l’Inde un pays uniquement de culture et de valeurs hindoues. Ses militants dénoncent la présence chrétienne en Inde, la qualifiant de menace contre la nation et d’instrument de l’impérialisme occidental.
Le Père Nicholas Martiz, maître des novices des Missionnaires du Verbe Divin (SVD), le Père George Bhuriya, curé de la paroisse de Khurda, ainsi que deux laïcs, Prakash et Francis, ont été agressés en allant porter plainte au commissariat de police après une attaque contre l’école catholique de la mission à Khurda. Le Père Martiz a été blessé à la tête et hospitalisé, les autres ont reçu des blessures moins graves. Samedi, les fanatiques du RSS ont fait irruption dans l’école de la mission, terrorisant étudiants et professeurs. Les extrémistes ont exigé la fermeture immédiate de l’établissement scolaire catholique.
Lors d’un autre incident, une mission de la Société du Verbe Divin (SVD) à Sanjeli, à 60 km de Godhra – où une foule de musulmans a brûlé vif mercredi dans un train 58 activistes hindous, dont des femmes et des enfants – , a été complètement saccagée et incendiée par des militants du RSS et du VHP. Le Père Chackochan et le Frère Gnanarul, résidant à la mission, ont été frappés par les agresseurs et ont trouvé refuge dans la mission voisine de Jhalod. (apic/fides/bbc/be)




