Appel des chefs religieux chrétiens

Territoires occupés: Nouvelle nuit sanglante

Ramallah, 12 mars 2002 (APIC) Nouvelle nuit sanglante en Palestine. Les habitants des Territoires occupés ont en effet subi une nouvelle nuit de terreur. Pendant ce temps, les chefs des Eglises chrétiennes ont lancé un nouvel appel «attristé» pour la paix.

«Nous sommes tourmentés par le versement de tant de sang. Nous sommes attristés de voir toujours plus de veuves, d’orphelins, de pères et de mères en deuil pour les enfants de cette terré», peut-on lire dans un communiqué.

Les leaders religieux expliquent qu’ils ont à c?ur la sécurité des deux peuples mais ne lésinent pour critiquer la conduite du gouvernement israélien de Sharon qui, observent-ils, par son comportement ne jette pas les bases ni les conditions de sécurité, ni pour une paix juste. ’’Nous retenons que la sécurité d’Israël dépend de la liberté et de la justice pour les palestiniens’’.

’’Nous voulons parler de façon franche et honnête à la conscience d’Israël et à son gouvernement. Nous demandons à ce dernier de mettre fin à toute forme de destruction et aux morts causées par l’armement lourd’’. ’’Quelle assurance peut être donnée aux gens privés de liberté, d’autodétermination, de souveraineté et d’égalité par rapport aux citoyens israéliens?’’, se demandent les chefs religieux.

Les leaders religieux s’adressent en même temps aux palestiniens en leur demandant de cesser toute réaction violente. Ils rappellent leur conviction que le chemin de la paix passe par la négociation et qu’en présence d’une forte volonté pour arriver à la paix, tout conflit et toute question pendante pourront trouvés une solution digne. ’’Il y a un temps pour tuer, et un temps pour guérir; un temps pour détruire et, et un temps pour bâtir. Un temps pour lancer les pierres et un temps pour en ramasser; un temps pour la guerre et un temps pour la paix’’.

S’appuyant sur ces paroles du roi Salomon dans l’Ecclésiaste, le document se termine par un appel :’’Nous avons essayé la guerre, les pierres, la mort et la destruction durant ce conflit. Est venu le temps de la paix, de la justice, de la réconciliation et du ramassage des pierres à utiliser pour construire».

Frappes tous azimuts

Dans la matinée de mardi, l’armée a tué un policier et un civil palestiniens à Ramallah, presque totalement réoccupée dans la nuit lors d’une opération impliquant une centaine de chars et véhicules blindés, la plus importante depuis le début de l’Intifada, en septembre 2000.

Par ailleurs, des tirs de Palestiniens ont tué un Israélien, membre des service de sécurité, et en a blessé deux près de la colonie juive de Kyriat Sefer, à l’ouest de Ramallah.

Dans la bande de Gaza, Tsahal a occupé la localité de Wadi al-Salqa, peu après une incursion nocturne de près de soixante-sept chars et transports de troupes blindés dans la région de Jabaliya, dans le nord du territoire, où dix-sept Palestiniens ont été tués lors de violents heurts.

A Ramallah, quatre chars étaient déployés à une centaine de mètres du QG d’Arafat, dont le gouvernement israélien avait annoncé lundi qu’il levait le siège de plus de trois mois dans la ville autonome. Des militaires étaient en position sur les toits d’immeubles environnants. L’armée a encerclé, dans les environs, les camps de réfugiés d’Al-Kadoura et Al- Amari.

Dans la bande de Gaza, l’armée a occupé la localité de Wadi al-Salqa, dans la région où elle avait attaqué dans la nuit par mer, air et terre des positions des forces de sécurité, dont elle a tué un membre. A Wadi al- Salqa, les militaires ont appelé par haut-parleurs tous les hommes, âgés de 16 à 60 ans, à se livrer et leur ont attaché les mains et bandé les yeux.

Dans la nuit, une incursion s’était heurtée à une forte résistance de membres des forces de sécurité et de combattants dans le village de Jabaliya et le camp de réfugiés du même nom, le plus grand des territoires palestiniens avec ses 95’000 habitants. Des dizaines d’habitants et d’activistes palestiniens ont fui la région au début de l’incursion.

Un haut responsable palestinien, Saëb Erakat, a accusé le gouvernement israélien de «carnages» à Jabaliya. «Ces attaques, a-t-il dénoncé, sont un bain de sang et une poursuite des carnages et des crimes de guerre entamés par le gouvernement Sharon dans les camps de Balata, de Jénine, de Tulkarem, de Dheishé en Cisjordanie, et à Rafah et qu’ils complètent aujourd’hui par l’attaque contre Jabaliya».

«Ceci prouve, a-t-il affirmé, qu’à la veille de l’arrivée du vice-président américain Dick Cheney et de l’émissaire américain Anthony Zinni, Sharon les accueille et répond aux initiatives de paix par davantage d’effusion de sang palestinien». L’armée israélienne a assuré que l’opération «visait uniquement des terroristes armés et non des civils». (apic/ag/mna/pr)

12 mars 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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