Pour une amélioration de leurs conditions salariales
Sénégal: Une organisation chrétienne s’engage contre l’exploitation des domestiques
Dakar, 13 mars 2002 (APIC) La Jeunesse ouvrière chrétienne féminine (JOCF) du Sénégal a lancé une campagne de lutte en faveur des employées de maison, en prenant en charge leurs revendications d’ordre salariales.
Les employées de maisons ou domestiques dont la tranche d’âge varie de 16 à 23 ans, sont une couche sociale exploitée. Sous-payées, elles ont des salaires allant de 15’000 francs CFA (37,5 frs) à 25’000 francs CFA (62,5 frs) pour 8 à 11 heures de travail quotidien. Ces femmes sont généralement issues de familles pauvres vivant en milieu rural.
A l’issue d’une rencontre nationale organisée à Dakar le week-end dernier avec le soutien d’associations de la société civile, de mouvements de femmes, de partis politiques, la JOCF a dressé au président Abdoulaye Wade un projet de statut réglementant la situation des employées de maison. Elle souhaite que ce document soit imposé ou serve de base à l’élaboration d’une loi dans ce sens.
Selon la présidente de la JOCF, Cécile Tine, il est nécessaire de changer les conditions de travail des employées de maisons. «Au vue du coût de la vie et des nombreux besoins de survie de nos familles, les salaires qu’on nous paie sont insuffisants», a-t-elle déclaré.
Le code du travail sénégalais prévoit depuis longtemps, une réglementation pour les employés de maisons. Mais cette disposition n’est pas applicable du fait qu’elle n’est pas soutenue par une convention collective, ainsi que du niveau très bas des revenues des sénégalais. Le salaire inter- professionnel minimum garantie (SMIG) est de 33’000 francs CFA (82,5 frs) au Sénégal.
Selon un inspecteur du travail et consultant en droit du travail, Babacar Diakhaté, il sera difficile «de procéder à l’application générale et effective de du texte de la JOCF». Il y a d’abord «un problème d’adéquation et d’applicabilité eu égard au niveau des salaires des sénégalais et les nombreux différends entre employeurs et employées se règlent toujours à l’amiable». Pour trouver un équilibre, il a préconisé une révision des textes pour qu’ils puissent être appliqués par la législation du travail.
En 1996, l’église catholique sénégalaise avait publié une lettre pastorale sur la «condition et le rôle de la femme dans notre société: les employées de maisons». (apic/ibc/pr)




