La loi islamique est contraire à la constitution
Nigeria: Le gouvernement fédéral se prononce contre la charia
Lagos, 21 mars 2001 (APIC) Le gouvernement fédéral du Nigeria a déclaré contraire à la constitution la loi islamique appliquée dans une douzaine d’Etats du nord du pays, annonce jeudi la presse nigériane. Les Eglises chrétiennes attendaient cette décision avec impatience.
Une lettre en ce sens, datée du 18 mars, a été adressée par le ministre de la Justice Kanu Agabi aux gouverneurs des 19 Etats du nord, à majorité musulmane. «La charia – loi islamique – s’applique aux seuls musulmans mais il est impératif que les droits de ces personnes soient préservés à l’instar de ceux des autres citoyens, comme le prévoit la constitution», souligne le texte transmis à la presse.
«Un musulman ne devrait pas être soumis à une punition qui ne serait pas appliquée à d’autres Nigérians pour la même infraction», ajoute dans cette lettre le ministre, pour lequel «une telle disparité n’est pas seulement contraire à la constitution, mais aussi à l’équité». «La stabilité, l’unité et l’intégrité de la nation sont menacées» par la décision des Etats du nord d’appliquer la loi islamique, ajoute M. Agabi. Le ministre a lancé un appel en direction de ces Etats afin qu’ils modifient leur législation pour que les droits constitutionnels des musulmans soient respectés. La lettre du ministre de la justice constitue la première condamnation sans équivoque par le gouvernement du président nigérian Olusegun Obasanjo de l’application de la loi islamique depuis que celle-ci a été instaurée au début 2000 dans un Etat du nord.
Cette décision intervient alors qu’une Cour d’appel islamique de l’Etat de Sokoto (nord) a ajourné au 25 mars le jugement dans l’affaire de la Nigériane Safiya Husaini. Elle risque la peine de mort par lapidation. (apic/ag/pr)




