La paix est urgente: chrétiens en Terre Sainte menacés d’extinction
Liban: Cri d’alarme de Mgr Mounged El-Hachem, évêque maronite de Baalbek
Beyrouth/Rome, 24 mars 2002 (APIC) «La paix est urgente, les chrétiens en Terre Sainte risquent l’extinction». Tel est le cri d’alarme lancé par Mgr Mounged El-Hachem. L’évêque maronite de Baalbek, au Liban constate qu’au sein de la population du Moyen-Orient, ils sont proportionnellement dix fois moins nombreux qu’après la Première Guerre mondiale.
Mgr Mounged El-Hachem, de famille arabe, est évêque catholique de Baalbek, dans la plaine libanaise de la Bekaa depuis sept ans. Pour le prélat maronite, un accord de paix entre Israël et Palestiniens est urgent pour arrêter le terrorisme, mais également pour procurer un sentiment de sécurité aux chrétiens, dont la présence au Moyen Orient est désormais menacée.
«La présence des chrétiens risque de s’éteindre à cause du conflit», a-t-il déclaré à l’agence d’information missionnaire MISNA à Rome. «La situation est grave, incertaine, plus que dans le passé. Les chrétiens d’ici se sentent menacés, plus que les autres groupes, musulmans et juifs, et deviennent de jour en jour une minorité plus restreinte, qui se tourne de plus en plus vers l’émigration».
10 fois moins nombreux en proportion qu’à la fin de la Première Guerre mondiale
Existe-t-il des statistiques sur cet exode? «Sur tout le Moyen Orient, on ne possède pas de données récentes. Le dernier recensement remonte à 1932. Et il s’agit de chiffres approximatifs à cause de la très grande mobilité de la population. Par exemple, on ignore le nombre de Syriens, de Palestiniens ou de Kurdes qui vivent sur le territoire libanais. Aujourd’hui, pour donner une idée, on dit que les chrétiens dans tout le Moyen Orient sont environ 3%, alors qu’à la fin de la Première Guerre mondiale, en 1918, les chrétiens étaient entre 25 et 30%.
Cette chute vertigineuse est préoccupante, car elle s’est effectuée en à peine plus de 80 ans. Dans cette vaste zone du Moyen Orient, on trouve par exemple la Syrie et la Palestine, le Liban, l’Irak, l’Iran et l’Egypte. Mais la présence des chrétiens diminue également en Afrique du Nord. «Il est donc très important qu’au Moyen Orient, berceau des trois religions monothéistes, la juive, la musulmane et la chrétienne – observe l’évêque libanais – la présence des chrétiens soit maintenue pour qu’existe une vraie convivialité entre les croyants de ces trois religions. L’extinction du christianisme au Moyen Orient serait un fait très grave pour tous».
Pour que subsiste la convivialité entre les trois religions monothéistes
Mgr El-Hachem va jusqu’à parler d’extinction et c’est une perspective à laquelle on doit s’attendre. Si les choses continuent à ce rythme, on assistera à la disparition de la présence chrétienne. Avec cette extinction, le Liban perdra sa condition de pluralisme, de démocratie et de liberté, insiste-t-il. Entre Israéliens et Palestiniens, la guerre ne résout pas les problèmes.
Pour l’évêque libanais, «les intéressés doivent se rendre compte que l’Europe, pour sa proximité du conflit, les Etats-Unis, qui commandent tout et qui peuvent faire pression aussi bien sur Israël que sur les Palestiniens, et encore davantage les organisations internationales qui avaient créé Israël, surtout les National Unies et leur Conseil de Sécurité, doivent absolument intervenir. Espérons qu’ils y parviennent au plus vite, pour éviter de nouveaux deuils et de nouvelles désolations». (apic/misna/be)




