Un livre contre l’oubli et pour un changement de cap en Afrique

Afrique: Au moins 235 prêtres africains tués en 50 ans

Kinshasa, 26 mars 2002 (APIC) Au moins 235 prêtres africains ont été tués ces 50 dernières années, sans compter des centaines de missionnaires étrangers de 19 pays. Pour rendre hommage aux pasteurs africains – des évêques et des prêtres catholiques, assassinés sur le continent noir – un ouvrage vient de sortir de presse à Kinshasa. Les auteurs ne veulent pas que le dernier mot reste à la violence aveugle et lancent un appel «à un changement de route» pour l’Afrique.

«Cibles, 235 prêtres africains tués», tel est le titre de l’ouvrage publié par Neno Contran et Gilbert Kadjemenje, aux éditions Afriquespoir de Kinshasa, avec une préface de Mgr Charles Mbogha Kambale, archevêque de Bukavu. L’ouvrage rappelle que la mort de ces martyrs «n’est que la pointe de l’iceberg d’une masse de gens pourchassés, refusés, humiliés, massacrés.»

Une liste dressée «par défaut»

La liste des martyrs est dressée «par défaut», dans le sens qu’on n’a retenu que les noms des 233 prêtres et évêques catholiques, d’un patriarche copte et d’un pasteur protestant. On sait que de nombreuses autres confessions chrétiennes ont aussi donné des martyrs. Il faut rajouter au nombre des religieux africains assassinés des centaines de prêtres expatriés. Les pays qui comptent le plus de victimes sont le Rwanda (120), le Burundi (36), la République démocratique du Congo (25), ou l’Ouganda (12).

Les auteurs incitent à «reprendre le flambeau de la liberté en poursuivant la lutte non-violente qui inclut le dialogue, les moyens pacifiques de pression, la prière et le pardon pour l’instauration d’un Etat de droit et d’une société vraiment démocratique».

Dans sa préface, Mgr Charles Mbogha Kambale relève que si les Africains veulent que leur histoire soit différente, «il faut que nous n’oublions pas le nom de ceux que la violence aveugle, la haine ethnique, la soif de pouvoir, l’esprit de vengeance ont éliminé dans l’espoir d’étouffer aussi le message que leur sacrifice renvoie avec force: celui de la nécessité d’un changement de route!». (apic/mna/fm)

26 mars 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 1  min.
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