Angleterre: Un évêque anglican réclame moins de sévérité à l’encontre du cannabis
Eviter les drogues «dures»
Londres, 11 avril 2002 (APIC) L’évêque anglican John Oliver réclame un assouplissement de la loi sur l’usage du cannabis. Sa position rejoint celle du département des affaires sociales de l’Eglise d’Angleterre. La tendance à la dépénalisation est à la hausse dans la société britannique.
Mgr John Oliver, âgé de 67 ans, considère que la loi contre l’usage du cannabis est devenue inapplicable et que les énergies de la police seraient mieux utilisées si elles étaient employées dans la lutte contre les drogues «dures».
Mgr Oliver est l’évêque de Hereford, au nord-ouest de l’Angleterre. Cette région a fait l’actualité en mars dernier, avec la publication de photos-chocs de Rachel Whitear, une jeune fille de 21 ans morte d’une overdose d’héroïne. Les autorités sanitaires ont diffusé ces images avec l’autorisation de sa famille, à titre de prévention.
Drogues «douces» et drogues «dures»
L’évêque estime qu’il faut développer l’information afin de persuader les usagers de cannabis de ne pas se tourner vers d’autres drogues. «Il n’est pas bon de prendre du cannabis, qui n’est pas sans risque» déclare Mgr Oliver. Mais il ajoute que le cannabis «n’est pas toujours une passerelle vers les drogues dures puisque la plupart des consommateurs de cannabis ne prennent pas d’autres drogues». Mgr Oliver a tenu ces propos à l’issue d’un vote du synode de son diocèse en faveur de la dépénalisation. Le synode général de l’Eglise d’Angleterre a traité la question en juillet 1998 sans trancher.
Le département des affaires sociales de l’Eglise d’Angleterre a déclaré devant un comité parlementaire que la possession de cannabis devait être considérée comme légale. «La pénalisation entraîne le manque de respect envers la loi parmi les jeunes, la loi est appliquée au hasard et il n’y a aucun lien entre le cannabis et les drogues dures», a soutenu le département. Mais l’Alliance évangélique de Grande-Bretagne, qui représente un million d’adhérents, s’oppose au changement de la loi.
Chiffres et tolérance en hausse
Les chiffres publiés l’an dernier par le gouvernement britannique montrent que l’âge moyen de la première consommation de drogue baisse et qu’environ 40 % des jeunes de 16 ans ont essayé des drogues. L’étude révèle qu’environ un jeune sur douze dans la tranche des 12 ans avait essayé au moins une fois, et un sur trois dans la tranche des jeunes de 14 ans.
Pourtant, les partisans de la dépénalisation de l’usage du cannabis vont croissant. Ils comptent notamment de nombreux policiers. Le deuxième café proposant à la vente du cannabis s’est ouvert à Bournemouth sans l’intervention des forces de l’ordre. Le premier café avait ouvert ses portes à Stockport l’an dernier, en utilisant le slogan «la prohibition ne marche pas – il est temps de changer de méthode».
Le ministre de l’intérieur David Blunkett a indiqué que le gouvernement pourrait prochainement dépénaliser la consommation du cannabis, tout en continuant de poursuivre les vendeurs et les trafiquants. (apic/eni/fm)




