L’Union européenne est née dans la mouvance de la culpabilité
Jura: Jean Boissonat a parlé de l’Europe du 21e siècle au Forum St-Charles
Porrentruy, 12 avril 2002 (APIC) Jean Boissonat a donné une conférence sur «L’Europe dans le monde du 21ème siècle», le 10 avril au Forum St-Charles à Porrentruy. «La culpabilité de l’Europe d’avoir légué au monde deux absurdes déflagrations» a engendré l’idée d’une Union européenne, a lancé l’économiste français.
Economiste, éditorialiste, écrivain, ancien directeur général des rédactions du groupe de presse «Expansion» et membre du Conseil de la politique monétaire de la Banque de France, Jean Boissonnat a jeté un regard sans complaisance sur l’Europe mercredi soir.
Le conférencier a situé l’Europe dans le nouveau siècle marqué par rien moins que cinq chocs, à caractères démographique, technologique, sociologiques, politiques et le choc des civilisations, qui chacune réagit à sa façon. La civilisation occidentale doit gérer son arrogance, en Occident et au niveau international, face à l’intolérance de systèmes théocratiques dans les civilisations de culture musulmane, face à l’affirmation de soi de la civilisation chinoise et face au glissement des poids spécifiques des religions dans le monde. Les deux milliards de chrétiens se positionnent majoritairement hors de l’Europe, en Amérique du nord et du sud, tandis que la part islamique (un milliard) se renforce en Afrique.
L’Europe: un expérience de vie commune sans guerre des peuples
Pour le conférencier, le poids des nécessités historiques, renforcé par la culpabilité d’avoir légué au monde deux absurdes déflagrations, a engendré l’idée d’une Union européenne. Jean Boissonnat, citant Vaclav Havel, rappelle que «la mission de l’Europe n’est pas d’imposer au reste du monde religion, civilisation, mais de leur proposer des expériences, celle en particulier de faire vivre en commun sans guerre des peuples très différents». Ce que l’Europe peut proposer au monde, c’est un rapport renouvelé entre religion et politique, une insertion de la dimension sociale dans le fonctionnement de l’économie et la possibilité de faire vivre ensemble des entités très différentes. Chacun appartient à une nation tout en ayant conscience de participer du destin commun des peuples du monde: «La nation est notre héritage, il faut le faire fructifier, surtout pas le réduire. Le monde est notre territoire, l’Europe, c’est à nous de la construire».
Le processus a fait que l’Europe économique a pris le pas sur l’Europe politique, la monnaie unique est le symbole d’appartenance à une collectivité, alors que l’euro aurait pu demeurer simple monnaie de compte. Dans les années à venir, l’Union européenne devra gérer son élargissement et son approfondissement. Phase délicate, car le fédéralisme par nature est compliqué. Il constitue une philosophie, avant d’être une mécanique, où «la liberté et l’autorité se tiennent en respect pour qu’aucune ne prenne le pas sur l’autre».
Le fédéralisme est évolutif sur le plan institutionnel. Selon Jean Boissonnat, la Suisse a une richesse à apporter au chantier de la construction européenne. Son adhésion sera une question d’altruisme. Rien d’autre ne l’en empêche: l’histoire de la Suisse est totalement immergée dans l’histoire de l’Europe et la neutralité de la Suisse n’est plus engagée dans un conflit France-Allemagne, conclue le conférencier.
Le cycle de conférence au Forum St-Charles reprendra en automne, avec notamment l’écrivain Jacques Duquesne et l’académicien René Rémond. (sic)
Rome: Le Vatican propose à l’ONU une coalition pour vaincre la pauvreté.
Une priorité pour les gouvernements
Rome, 12 avril 2002 (APIC) La lutte contre la pauvreté doit être une priorité des gouvernements. Mgr Diarmuid Martin, délégué du Saint-Siège, s’est exprimé en ces termes à l’ONU, le 10 avril, lors de la 58ème session de la commission des droits de l’homme qui se tient à Genève jusqu’au 26 avril.
«La lutte contre la pauvreté est avant tout un impératif moral», a lancé l’observateur permanent du Saint-Siège aux Nations Unies, soulignant que «l’extrême pauvreté est aujourd’hui la forme la plus influente et la plus paralysante de violation des droits de l’homme dans le monde».
«Nous devons construire de nouvelles coalitions de solidarité pour assurer une réelle éthique de l’égalité», a-t-il alors lancé aux participants à la session de l’ONU sur les droits de l’homme. Pour Mgr Martin, ces coalitions devront considérer les pauvres comme des «sujets actifs» et non plus comme des «objets à gérer». «Les hommes et les femmes qui se retrouvent dans ces conditions démontrent qu’ils ont parfois un grand sens d’ingéniosité», a-t- il affirmé, précisant que «sans celle-ci, ils ne pourraient d’ailleurs pas survivre !»
Le prélat a enfin insisté pour que les programmes d’élimination de la pauvreté «se concentrent principalement sur les formes de discrimination dont les pauvres sont victimes», demandant une particulière attention pour les malades du SIDA. (apic/imed/bb)




