Mettre un terme au harcèlement israélien

Bethléem: La Custodie de Terre Sainte interpelle la communauté juive mondiale

Jérusalem, 12 avril 2002 (APIC) Dans un geste sans précédent, la Custodie franciscaine de Terre Sainte a interpellé vendredi 12 avril les communautés juives du monde entier. Réaffirmant que les franciscains ne sont pas retenus en otages, contrairement à ce que propagent les officiels et les médias israéliens, la Custodie demande que le gouvernement israélien redonne la lumière et l’eau aux religieux franciscains de la Nativité de Bethléem «qui se trouvent désormais à bout de forces».

La Custodie a en vain cherché à convaincre les autorités israéliennes de faire un geste, mais, finalement, on leur a répondu «de ne plus déranger». Le porte-parole de la Custodie, le Père David Jaeger, a déclaré à l’agence vaticane FDIES: «Les franciscains ne peuvent se résigner aux conséquences. Pour cela, nous avons confiance dans nos frères aînés, les juifs, et dans la grande sympathie qui existe entre juifs et la famille franciscaine. Nous rappelons l’héroïsme des franciscains qui ont sauvé de nombreux juifs de la shoah, dans de nombreux couvents, et à Assise en particulier. Aujourd’hui, nous demandons leur aide!»

Les franciscains de Bethléem ont passé une nouvelle «nuit de peur et d’angoisse», selon les moines présents dans le couvent près de la basilique de la Nativité assiégé par les troupes israéliennes. «Jeudi soir, après 19 heures, il y a eu une très forte explosion à Bethléem, a déclaré vendredi matin à FIDES un des moines franciscains se trouvant à l’intérieur de la basilique. Le coup venait de tout près de la basilique. Apeurés par une possible attaque israélienne, les franciscains ont passé la nuit sans dormir, en priant, et s’encourageant les uns les autres. C’est seulement aux premières lueurs de l’aube qu’ils ont pris un peu de repos.»

Acharnement contre les franciscains, selon le Père David Jaeger

Le Père David Jaeger tente depuis plusieurs jours de faire parvenir une aide humanitaire aux assiégés du couvent. «Donner l’eau et la lumière dépend d’Israël. Tout a été absolument inutile. C’est une chose hallucinante, devant laquelle je suis absolument abasourdi. Et pas seulement moi, mais tous mes amis en Israël. J’ai parlé avec des professeurs d’université, des entrepreneurs. Tout d’abord, tous éprouvent de la difficulté à croire à cette dureté; puis, ils appellent eux-mêmes les autorités, et à leur tour, ils ne comprennent pas cet acharnement à priver précisément les Franciscains de lumière et d’eau, parmi tous ceux qui se trouvent dans la Nativité.

Dans un communiqué, le Ministre Général de l’Ordre des franciscains, le Père Giacomo Bini, a rappelé la nécessité d’une intervention humanitaire immédiate, en précisant: «A Bethléem, les Franciscains ne sont pas otages!». Il relève que la situation qui s’est créée dans l’ensemble des bâtiments de la Nativité à Bethléem, dont une partie appartient à la Custodie de Terre Sainte, et qui dure désormais depuis deux semaines, «requiert de toute urgence une intervention humanitaire».

Depuis mercredi, écrit le Père Bini, les réserves d’eau et de vivres sont terminées; on n’a pas permis d’emporter le cadavre du jeune palestinien tué; il n’est pas possible de donner les soins adéquats à un autre Palestinien gravement blessé; la distribution d’électricité est interrompue depuis plusieurs jours dans le seul couvent des Franciscains, alors qu’elle est toujours en service dans les bâtiments adjacents; on a refusé la permission d’aller à la «Casa Nova», bâtiment qui accueille les pèlerins et qui fait partie intégrante du couvent franciscain. Les franciscains craignent qu’à l’intérieur, il n’y ait des forces spéciales de l’armée israélienne.

Les Palestiniens n’ont commis aucun acte de violence à l’intérieur de la Nativité

Le Ministre Général de l’Ordre des franciscains insistent sur le fait que les religieux ne sont pas pris en otages: «Ils ont choisi délibérément de rester en ce lieu dont la garde leur a été confiée par le Saint-Siège, et qui est leur maison. Les 200 Palestiniens barricadés à l’intérieur de la basilique s’y sont réfugiés contraints de fuir les ratissages de l’armée israélienne, comme cela s’était passé pour les cinq journalistes italiens les premiers jours du siège. Jusqu’à présent, ils n’ont pas commis d’actes de violence ou de prévarication contre la communauté religieuse.»

Les Israéliens ont tiré sur les franciscains

«Le monde entier regarde avec attention ce qui se passe dans le Lieu où est né Jésus-Christ, le Prince de la Paix. Des millions d’hommes et de femmes attendent que se renouvelle le miracle d’une vie nouvelle qui puisse vaincre les pensées et les actions de mort. Nous continuons à recevoir des témoignages émouvants de solidarité pour nos frères qui, avec un équilibre admirable, font face à des difficultés liées à la situation dramatique dans laquelle ils vivent. A tous, journalistes, agents de la communication, hommes politiques, hommes et femmes de bonne volonté, nous demandons de travailler selon leurs propres possibilités pour que soit trouvée une solution juste à cette affaire. Ce serait un signe d’espérance et une promesse de stabilité pour l’avenir de cette Terre Sainte et ensanglantée.». Le Père Bini, qui craint un «carnage» si les franciscains quittent les lieux, propose une sortie honorable pour les deux parties, avec une évacuation en toute sécurité des occupants.

Jeudi après-midi, rappelle le Père Bini, les tirs israéliens ont visé les franciscains: «La provenance des tirs est claire, a-t-il déclaré à Fides; l’armée israélienne a tiré encore des coups de feu contre l’église de Sainte Catherine, contre le couvent, la sacristie et la cuisine. Les religieux ont peur. Je suis vraiment préoccupé que la situation ne puisse se précipiter». (apic/fides/be)

12 avril 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 4  min.
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