Eglise protestante incendiée et coups de feu
Moluques: Nouveaux incidents à Ambon
Ambon, 25 avril 2000 (APIC) Deux personnes ont été blessées jeudi à Ambon dans l’archipel indonésien des Moluques où des séparatistes chrétiens tentaient de manifester, selon une source hospitalière. Au moins trois explosions, apparemment de bombes artisanales, ont secoué la capitale provinciale de cet archipel où un accord de paix a été récemment signé pour mettre fin à trois ans d’un conflit entre chrétiens et musulmans qui a fait plus de 5’000 morts.
L’une des explosions s’est produite près d’une église protestante, en cours de reconstruction. Selon l’agence missionnaire Misna, le bâtiment aurait été la proie des flammes. Une femme a été blessée par des éclats d’une bombe artisanale et hospitalisée, indique pour sa part une source hospitalière.
Selon le centre de crise du diocèse catholique d’Ambon, qui précise qu’il est encore impossible de savoir s’il y a des victimes et quels sont les dégâts au lieu de culte, de nombreux coups de feu ont été entendus au cours de ces dernières heures dans plusieurs zone de la ville.
Depuis le lever du soleil, en ce 52ème anniversaire de la fondation du mouvement séparatiste RMS (Republik Maluku Selatan, République des Moluques Méridionales), les activités sont pratiquement paralysées dans le chef-lieu indonésien. Bureaux, écoles et magasins sont fermés et la circulation est faible, surtout dans les quartiers chrétiens. Tôt ce matin, le drapeau du RMS a été hissé à plusieurs endroits de la ville bien que le commandant de l’armée Mustopo eût interdit de le faire, menaçant même d’ouvrir le feu.
Une foule de musulmans s’est ensuite rassemblée au quartier chrétien de Kudamati et bon nombre de résidents ont préféré s’éloigner de chez eux par crainte d’incidents. Les forces de l’ordre restent mobilisées dans la zone pour faire veiller l’ordre. Rappelons que des travaux de reconstruction sont en cours à l’église de Silo, qui fut complètement détruite en décembre 1999
La tension monte d’un cran
La tension est montée quand des séparatistes chrétiens ont lâché des ballons portant leur drapeau. Les forces de sécurité ont tiré sur ces ballons, et en l’air, pour disperser environ 1’500 musulmans en colère qui voulaient marcher sur les quartiers chrétiens.
Le lâcher de ballons marquait en effet le 52ème anniversaire de la proclamation en 1950 d’une éphémère «République des Moluques du Sud (RMS)» par des séparatistes chrétiens. Les autorités avaient en prévision de cette journée allongé la durée d’un couvre-feu nocturne et interdit notamment toute arrivée de ressortissants étrangers, notamment des journalistes et des travailleurs humanitaires à Ambon.
Ces mêmes autorités ont aussi imposé un black-out sur la diffusion d’informations sur les activités de la RMS pendant 20 jours, depuis le 10 avril. Le chef de la RMS, Alex Manuputty, a été arrêté la semaine dernière et accusé de subversion.
Ambon et le reste de l’archipel étaient relativement calmes depuis la signature en février d’un accord de paix sous l’égide du gouvernement entre chrétiens et musulmans. Mais certains radicaux dans les deux camps n’ont pas accepté cet accord. Au début du mois, un attentat à la bombe avait fait sept morts dans un secteur chrétien d’Ambon et avait été dénoncé par les autorités comme une tentative de saboter cet accord.
La population des Moluques (environ 2,1 millions d’habitants) est répartie à peu près également entre chrétiens et musulmans. Plus de 90% des 210 millions d’Indonésiens sont musulmans. (apic/mna/ag/pr)




