Nouvel appel du pape pour la paix en Terre Sainte
Bethléem: Israël rejette la proposition d’échange de prisonniers fait par le Hezbollah
Bethléem, 28 avril 2002 (APIC) Alors qu’Israël rejetait en matinée la proposition d’échange de prisonniers fait par le Hezbollah pour libérer les assiégés de la Nativité de Bethléem et les meurtriers du ministre israélien du tourisme encerclés à Ramallah, Jean Paul II a lancé dimanche 28 avril un nouvel appel à la paix en Terre Sainte.
Le pape a invité les nombreux pèlerins réunis sur la place Saint- Pierre à prier en raison de la situation internationale, «en particulier face au drame de la Terre Sainte qui ne connaît pas de fin». «Nous devons recourir avec confiance à l’intercession maternelle de la Vierge. Nous sommes certains qu’elle peut soutenir les efforts de ceux qui cherchent la paix avec sincérité et engagement», a déclaré Jean Paul II.
Comme chaque dimanche, le Souverain pontife est apparu quelques instants, pour la récitation du «Regina Caeli», à la fenêtre de son bureau, au troisième étage du palais apostolique au Vatican. Rappelant que le mois de mai, dans l’Eglise catholique, est traditionnellement consacré à la Vierge Marie, il a invité les fidèles du monde entier à «une prière unanime et ininterrompue afin que s’imposent enfin des initiatives de détente et de dialogue sur la terre du Christ et sur tout autre lieu de la planète marqué par la violence et la douleur». Il a alors proposé que soit récité le chapelet, «si possible chaque jour», durant le mois de mai.
Mettre un terme au drame de la Nativité
Alors que quelque 200 Palestiniens et une trentaine de religieux sont enfermés depuis maintenant 27 jours dans le complexe jouxtant la basilique de la Nativité à Bethléem, «un accord est proche», a affirmé le Père David Jaeger, porte-parole de la Custodie de Terre Sainte, à l’agence vaticane FIDES. Même si «la tension reste grande», il a précisé que «les contacts se poursuivent entre les parties». «En notant ce fait positif, nous demandons aux parties de faire rapidement le dernier effort nécessaire, pour mettre fin au drame en cours à la Nativité, a-t-il déclaré. Rappelons que la situation est fragile et potentiellement explosive, comme le montrent les tirs. Pour cette raison, nous demandons aux parties de se mettre d’accord le plus tôt possible».
Dans un communiqué publié le 28 avril, le ministre général de l’Ordre des frères mineurs basé à Rome, le Père Giacomo Bini, rappelle le soutien de tous les franciscains d’Italie «en ces moments d’épreuves et de douleurs». «Les 7000 franciscains d’Italie prient chaque jour afin que cessent au plus vite les hostilités entre les deux peuples et que s’installe une paix durable capable d’assurer la stabilité politique».
Désinformation israélienne
Depuis le début du siège de la basilique de Bethléem, le 1er avril, la maison généralice des franciscains, située à Rome, publie régulièrement des communiqués pour faire part de la situation de leurs confrères en Terre Sainte ou pour lancer des appels à l’aide à la communauté internationale.
D’après les témoignages recueillis et contrairement à ce que répand le gouvernement d’Ariel Sharon et la presse israélienne, les deux «terroristes» palestiniens tués à l’intérieur du complexe de la Nativité sont en fait des policiers de l’Autorité palestinienne. L’un a été abattu alors qu’il tentait d’éteindre un incendie dans les bâtiments des franciscains, provoqué par des grenades israéliennes, et l’autre a été abattu quand il tentait de tirer une ligne électrique vers l’hôtel Casanova adjacent au couvent, dans le but de recharger les téléphones portables. Il a été pris pour cible par un tireur israélien qui l’a tué. A chaque fois que les soldats blessent un occupant palestinien de la Nativité, même s’il s’agit d’une personne non armée, la presse et le gouvernement israéliens utilisent systématiquement le qualificatif de «terroriste».
Dimanche matin, le secrétaire général du mouvement chiite libanais Hezbollah, Hassan Nasrallah, a publié un communiqué sur les ondes de la TV chiite «Al Manar», proposant de libérer les quatre Israéliens, dont trois soldats capturés aux Fermes de Chébaa, au Sud du Liban, contre les assiégés de Bethléem et de Ramallah. Israël a immédiatement rejeté la proposition du Hezbollah. «Ce n’est pas une proposition sérieuse, c’est une manoeuvre de propagande que nous rejetons», a le porte-parole du ministère de la Défense, Yarden Vatikaï. Il a estimé que la proposition du mouvement chiite libanais «témoigne uniquement de la volonté du Hezbollah de s’immiscer dans le conflit».
L’armée israélienne se moque des franciscains
D’autre part, la Custodie franciscaine de Terre Sainte, échaudée par le comportement humiliant des soldats israéliens, pense recourir une nouvelle fois auprès de la Cour suprême israélienne contre la coupure de l’eau, de l’électricité et du téléphone. La plainte avait été formellement rejetée la semaine dernière par le tribunal sur la base des arguments de l’armée israélienne. Cette dernière avait promis d’acheminer elle-même de la nourriture. Elle ne voulait pas laisser la Custodie apporter elle-même les vivres.
Les franciscains – qui ont payé eux-mêmes la nourriture pour les religieux assiégés – n’ont en effet reçu que 7 concombres, 7 patates, 7 oignons, 3 tomates, 2 petites boîtes de viande, 2 petites boîtes de thon, un kilo de pâtes, 1 kilo de riz, 2 boîtes de pois, et 2 petits paquets de biscuits. Tout juste de faire une bonne salade, pour nourrir. 31 religieux franciscains. Le Père Jaeger a qualifié cette attitude de «grotesque». L’armée israélienne avait dès le début laissé entendre qu’elle avait tout son temps et que les Palestiniens assiégés ne devaient pas se faire d’illusion et qu’ils finiraient bien par se rendre.
Même si les tirs se poursuivaient dimanche autour de la Nativité, un accord serait «presque prêt», selon l’agence FIDES. D’après des sources de FIDES, il reste à préciser quelques détails, c’est pourquoi les négociateurs discutent encore avec leurs représentants respectifs. Le Père Jaeger, porte-parole de la Custodie de Terre Sainte, estime que les deux parties ont contribué à faire des progrès pour parvenir à un accord définitif. «En notant ce fait positif, nous demandons aux parties de faire rapidement le dernier effort nécessaire, pour mettre fin au drame en cours à la Nativité. Rappelons que la situation est fragile et potentiellement explosive, comme le montrent les tirs. Pour cette raison, nous demandons aux parties de se mettre d’accord le plus tôt possible».
Reprise des négociations
Les négociations israélo-palestiniennes sur la levée du siège de la basilique de la Nativité ont repris dimanche. Le négociateur en chef palestinien Salah al-Taamari avait pu se rendre à Ramallah samedi pour s’entretenir durant deux heures avec le président Yasser Arafat, toujours assiégé dans son quartier général de la Moukataa, et recevoir ses instructions. Durant les quatre réunions qui se sont tenues la semaine écoulée, Israël a offert aux Palestiniens armés retranchés dans la basilique de la Nativité deux solutions: l’exil ou la reddition, impliquant de passer devant la justice israélienne.
Ces deux options sont catégoriquement rejetées par l’équipe des cinq négociateurs palestiniens. Ils considèrent que ces «combattants» n’ont, jusqu’à preuve du contraire, rien fait d’illégal. Si des crimes leur sont reprochés, c’est à l’Autorité palestinienne d’enquêter, conformément aux accords d’Oslo. Salah al-Taamari admet que certains des assiégés, si les raisons pour lesquelles ils sont recherchés sont valables, soient transférés à Gaza. (apic/fides/misna/imedia/be)




