Mobilisation oecuménique

Canada: Campagne contre une compagnie pétrolière opposée Protocole de Kyoto

Vancouver, 29 avril 2002 (APIC) Une campagne oecuménique canadienne a été lancée contre la Compagnie pétrolière Impériale – l’une des plus importantes du Canada – qui s’oppose à la ratification du Protocole de Tokyo sur les changements climatiques.

Des représentants de la campagne, et parmi eux Lois Wilson, une ancienne présidente du Conseil oecuménique des Eglises (COE) et de l’Eglise unie du Canada, a pris part la semaine dernière à l’Assemblée annuelle des actionnaires de la Compagnie Impériale. Lois Wilson, qui vient juste de prendre sa retraite de son poste de sénateur et qui a déjà effectué plusieurs missions sur les questions d’énergie pour le compte du gouvernement fédéral, a dénoncé la politique de la compagnie pétrolière concernant ses choix énergétiques pour l’avenir.

La Compagnie Impériale s’oppose au Protocole de Tokyo, accord des Nations Unies selon lequel le Canada devrait réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 6% par rapport au niveau de 1990.

La campagne oecuménique, conduite par Kairos – une coalition d’Eglises du Canada mobilisées en faveur de la justice sociale – demande au gouvernement canadien de ratifier et d’appliquer le Protocole. «Le gouvernement canadien subit les fortes pressions des grandes industries du Canada, entre autres de la Compagnie Impériale, qui le poussent à ne pas ratifier le Protocole de Kyoto», a expliqué David Hallman, un des militants de la campagne oecuménique présents à l’Assemblée des actionnaires.

Selon David Hallman, chargé des questions concernant l’énergie auprès de l’Eglise unie, «si Kairos vise en particulier la Compagnie Impériale, c’est parce celle-ci est, au Canada, la plus vigoureusement opposée au Protocole de Kyoto».

Le Protocole de Kyoto a été signé en décembre 1997 à Kyoto, au Japon. Pour entrer en vigueur, il doit être ratifié par au moins 55 Etats signataires. Un certain nombre d’Etats signataires, parmi lesquels le Canada, les Etats- Unis et le Japon, doivent encore le ratifier.

«Les yeux sont fixés sur le Canada – non parce qu’il est important en termes de pollution mais en raison de ses relations étroites avec les Etats- Unis», a fait observer David Hallman, qui est aussi coordinateur du Programme sur les changements climatiques du COE.

Pressions

Kairos fait pression sur les compagnies pétrolières, explique-t-il, «pour qu’entre autres stratégies, elles sortent de la dépendance exclusive vis-à- vis des combustibles fossiles afin d’essayer de réduire les émissions de gaz à effet de serre. A l’avenir, l’utilisation de combustibles fossiles devra diminuer en tant que grande source d’énergie, pour des raisons écologiques, et en particulier, à cause du réchauffement de la planète», a poursuivi David Hallman.

Alors que la Compagnie Impériale reconnaît que le changement climatique potentiel «peut poser un risque légitime à long terme», Kairos déplore que la direction ait été à ce jour incapable de prendre des décisions importantes pour diminuer ce risque en développant d’autres sources énergétiques renouvelables.

D’autres compagnies pétrolières «cherchent des sources énergétiques pour l’avenir car elles veulent pouvoir devenir un fournisseur important lorsque les combustibles fossiles ne seront plus la principale source d’énergie», a- t-il dit. Et pourtant, «la Compagnie Impériale n’a pas cette vision à long terme.» (apic/eni/pr)

29 avril 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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