Terre Sainte: Le cardinal Etchegaray pessimiste quant à l’issue de la situation à Bethléem
La situation à Bethléem est «tragique» et «intolérable»
Rome, 8 mai 2002 (APIC) Le cardinal Roger Etchegaray a fait part de ses impressions après son voyage en Terre Sainte comme envoyé spécial de Jean Paul II, dans un communiqué publié le 8 mai 2002 par la salle de presse du Vatican. Pour le prélat, la situation à Bethléem est devenue «tragique» et «intolérable».
«Que de ruines à déblayer, matérielles et surtout morales !», écrit le prélat à peine rentré de Terre Sainte. Après avoir passé plusieurs jours sur place afin de rencontrer différentes autorités politiques et religieuses mais aussi la communauté chrétienne, le cardinal affirme que «des congères de méfiance, de mépris et de vengeance se sont accumulées sur le chemin abrupt de la paix».
En effet, poursuit-il, la situation est devenue «tragique et intolérable», en particulier à Bethléem. Il explique alors avoir demandé, au cours de son séjour, la permission de se rendre sur place et de prier avec les franciscains enfermés dans leur couvent depuis plus d’un mois. «Une telle démarche proprement religieuse, malgré de vives instances, m’a été refusée».
«L’attente ne saurait plus durer», conclut le cardinal Etchegaray, soulignant que les négociations en cours, qui «semblaient atteindre la ligne d’arrivée», sont «à l’heure actuelle empêchées par un dernier obstacle». Le 7 mai, un nouvel attentat kamikaze a été perpétré par le Hamas provoquant une quinzaine de morts. «Nul ne peut rester les mains repliées sur soi à l’heure où les mains de tous doivent former une longue chaîne de solidarité, de l’Orient à l’Occident», ajoute le prélat.
L’accord «sur le point d’être signé» stipule que 26 Palestiniens enfermés dans le couvent des franciscains à Bethléem soient renvoyés à Gaza, et que 13 autres soient envoyés à l’étranger. Du côté palestinien, on avait proposé qu’ils soient envoyés en Italie, mais le gouvernement de ce pays a fait part de son refus. Interrogé par le quotidien italien «Avvenire», le patriarche de Jérusalem, Mgr Michel Sabbah, parle d’une situation «très confuse» et affirme ne pas comprendre «comment on peut parler d’accord alors qu’aucune décision n’a été prise sur la destination d’une partie des Palestiniens». (apic/imed/pr)




