Appel à chercher la communion avec le pape
Rome: Le cardinal Hoyos critique durement la réaction de certains lefebvristes
Rome, 10 mai 2002 (APIC) Le cardinal Dario Castrillon Hoyos, préfet de la Congrégation pour le clergé, critique durement les attaques de certains membres de la fraternité Saint-Pie X contre le pape et l’Eglise. Il a envoyé à ce sujet une lettre de 15 pages début avril au supérieur ’lefebvriste’, Mgr Bernard Fellay. Chargé par Jean-Paul II de trouver une solution au schisme qui divise l’Eglise catholique depuis 1988, le cardinal colombien fait part du désir du Saint-Siège de parvenir enfin à un accord. Des extraits de la lettre sont divulgués par le quotidien italien «Il Giornale» du 10 mai.
Les discussions entre la fraternité Saint-Pie X – fondée en Suisse par Mgr Marcel Lefebvre à la fin des années 80 – et le Saint-Siège ont commencé au cours de l’année 2000, à l’occasion du grand Jubilé. Les responsables du mouvement traditionaliste avaient été reçus, à cette occasion, par Jean Paul II.
Dans les mois qui ont suivi le début du dialogue, «Don Arnaud Selegny (secrétaire de la fraternité) s’est exprimé de manière extrêmement dure face à l’actuel rite de la messe, le qualifiant de mauvais», écrit en italien le cardinal Hoyos. «Je dois dire que j’en suis resté affligé et perplexe». «Il ne s’agissait absolument pas d’un piège dans le but de vous faire taire ou de détruire votre mouvement», poursuit-il, précisant que le Saint-Siège «n’a jamais suivi de stratégie basée sur des intentions cachées ou sur des fins secondaires, contrairement à ce que certains d’entre vous ont pu affirmer».
Une attaque frontale contre l’Eglise catholique et le pape
Pour le prélat en charge de la Commission Ecclesia Dei, fondée par Jean Paul II après le schisme en vue de permettre aux traditionalistes le désirant de conserver le rite pré-conciliaire, il s’agit d’une «attaque frontale contre l’Eglise catholique et le pape» de la part des fidèles de Mgr Lefebvre. «Aucun des hérétiques et schismatiques, à travers l’histoire a déclaré s’être trompé», continue le cardinal Hoyos. «Ils ont toujours pensé que c’était l’Eglise qui se trompait», ajoute-t-il, soulignant que «pour se qualifier de catholique, il faut avant tout chercher la pleine communion avec le successeur de Pierre».
Se défendant enfin contre l’accusation qui lui a été faite de vouloir diviser la fraternité Saint-Pie X, le préfet de la Congrégation pour le clergé conclut sa missive en se disant «convaincu qu’il existe aujourd’hui au sein du mouvement des personnes qui n’ont plus la vraie foi selon l’authentique tradition de l’Eglise».
La lettre reprend par ailleurs les différentes étapes du dialogue en cours. Insistant sur le fait qu’il a toujours voulu une approche «pragmatique» du problème, le cardinal Hoyos affirme qu’au début, «il me semblait clair qu’il n’y avait aucune négation des dogmes, ni de l’autorité pontificale». «J’avais alors osé proposer d’établir une date pour votre retour» au sein de l’Eglise, ajoute-t-il. Le Saint-Siège avait tenté de trouver une formule permettant à la fraternité de conserver ses caractéristiques, à savoir «assurer le rite de la messe saint Pie V et poursuivre pleinement l’effort en vue de sauvegarder la saine doctrine et de préserver la discipline et la morale catholique».
Accord de Campos: un espoir de raprochement
Cet accord avait été accepté par une fraternité intégriste brésilienne issue du schisme de Mgr Lefebvre, à Campos, en janvier 2002. Cet événement avait alors laissé entrevoir un espoir de rapprochement de la fraternité Saint-Pie X avec le Saint-Siège.
Par ailleurs, au cours du mois de mars, le cardinal Joseph Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, avait envoyé une lettre à Mgr Bernard Fellay. Il lui proposait de constituer une commission de théologiens afin de réfléchir ensemble à la résolution du schisme. Au Vatican, on affirme que Mgr Fellay se serait montré disposé à cette action commune sans pour autant montrer d’empressement particulier. (apic/imed/bb)




