Remise des documents à Rome fin 2003, estime le postultateur

Barcelone: Les admirateurs de Gaudi espèrent une béatification de l’architecte

Barcelone, 15 mai 2002 (APIC) Alors que la ville de Barcelone célèbre le 150e anniversaire de la naissance de l’architecte visionnaire Antonio Gaudi, dont les oeuvres peu conformistes ont laissé leur empreinte sur la ville de Barcelone, un grand nombre de ses admirateurs espèrent que ce célèbre artiste sera béatifié par l’Eglise catholique romaine.

Selon Lluis Bonet, recteur de l’édifice le plus connu de l’architecte, l’église de la Sagrada Familia, l’archidiocèse de Barcelone a entamé le processus qui pourrait conduire à la béatification d’Antonio Gaudi. L’archevêque de Barcelone, le cardinal Ricardo Carles, a nommé Lluis Bonet comme postulateur chargé de défendre le cas de béatification.

Gaudi, dont les oeuvres novatrices s’inspirent des traditions gothique et baroque, est né en 1852. Au moment de sa mort en 1926 dans un accident de tram, de nombreuses personnes le révéraient comme un mystique.

«Les gens disaient qu’il était un saint», a déclaré Lluis Bonet dans un entretien accordé à l’Agence oecuménique ENI. «De nombreux témoignages ont souligné la profonde dévotion populaire envers l’homme que nous appelons l’architecte de Dieu, et il est temps que ceci soit pleinement reconnu».

La béatification – qui confère le titre de «bienheureux» – est vue comme la première étape sur la voie menant à la canonisation dans l’Eglise catholique romaine. Toutefois, un certain nombre de conditions doivent être remplies, comme par exemple la validation par le Vatican d’un miracle attribué à l’intercession du candidat à la béatification. «Même si nous n’avons pas encore de preuves confirmées de miracles, les gens du monde entier lui attribuent de merveilleux événements. Sa proximité et sa fidélité à l’Eglise sont le message le plus important pour aujourd’hui», a souligné Lluis Bonet.

L’archidiocèse de Barcelone a reçu en mars 2000 l’autorisation du Vatican de commencer le processus en vue de la béatification, a précisé Lluis Bonet, qui espère remettre tous les documents à Rome en 2003.

Dans un article du quotidien espagnol «La Vanguardia», le cardinal Carles rappelle que plusieurs biographies et manuels ont souligné la loyauté de Gaudi envers l’Eglise catholique. Il ajoute que sa grande spiritualité «l’avait guidé sur les voies d’un profond mysticisme».

Conversions?

Selon Jordi Bonet i Armengol, l’architecte qui va compléter l’église de la Sagrada Familia (elle est encore inachevée), a révélé que l’ouvrage de Gaudi a suscité de nombreuses conversions au catholicisme, entre autres celle d’un architecte japonais, Kenji Imai, qui a visité l’église deux mois après la mort de Gaudi. Depuis deux ans, a-t-il fait observer, de plus en plus de pèlerins demandent à déposer des fleurs et des bougies sur la tombe de l’architecte dans la crypte de l’église.

Pourtant, les opinions divergent concernant l’église, qui a été reconnue par le pape Pie XI dans les années 30 comme «un symbole des valeurs familiales catholiques», mais décrite comme «l’un des édifices les plus hideux au monde» par l’auteur britannique George Orwell dans son livre La Catalogue libre (1938). (apic/eni/pr)

15 mai 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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