Sur les pas des frères Cyrille et Méthode

Bulgarie: Sous le signe de l’unité des chrétiens et de l’Europe

Rome/Sofia, 16 mai 2002 (APIC) Après sa visite en Azerbaïdjan, le pape se rendra en Bulgarie du 23 au 26 mai, où se trouvent les origines du christianisme slave oriental. Ce sera le 5ème voyage du pape dans un pays orthodoxe, après la Roumanie, premier voyage de Jean Paul II dans un pays à majorité orthodoxe, en mai 1999, qui fut considéré comme «réussi» sur le plan oecuménique, ouvrant ainsi la voie à l’Ukraine, à la Géorgie et à la Grèce.

C’est de la Bulgarie que partirent les frères Cyrille et Méthode – morts dans la seconde moitié du 9ème siècle -, pour prêcher le christianisme en grande Moravie – l’actuelle république tchèque et la Slovaquie -, dans les Balkans et en Russie. Ils traduisirent, avec leurs disciples, la liturgie et les Saintes Ecritures en «vieux slave», qui devint par la suite la base du slave ecclésiastique, la langue liturgique des orthodoxes et des catholiques de rite oriental.

Les deux saints, vénérés à la fois par les catholiques et par les orthodoxes, ont été proclamés co-patrons de l’Europe par Jean Paul II dès le début de son pontificat, le 31 décembre 1980. Chaque année, une délégation bulgare participe en outre à une célébration liturgique sur la tombe de saint Cyrille, qui se trouve dans la basilique Saint-Clément, à Rome.

Cette année, Jean Paul II aura pour la première fois l’occasion de rendre la pareille dans leur pays. Il ira lui-même se recueillir sur le monument des saints Cyrille et Méthode, le 24 mai à Sofia, avant de rencontrer, le même jour, le chef orthodoxe bulgare, le patriarche Maxime. Dans son discours qu’il prononcera en langue bulgare, le pape devrait présenter l’exemple des saints frères qui oeuvrèrent aussi bien en lien avec l’Eglise de Constantinople qu’en lien avec le siège romain du successeur de Pierre, pour appeler catholiques et orthodoxes à réaffirmer leurs propres engagements pour une Europe unie sur le plan politique et spirituel. Ce même discours sur les «racines communes de l’Europe» devrait être repris par Jean Paul II quelques heures plus tard, en recevant les représentants des mondes de la culture au palais de la culture de Sofia.

Le dialogue oecuménique devrait également être au centre du discours de Jean Paul II lors de sa visite au monastère de Rila, à une centaine de kilomètres au sud de Sofia. Il s’agit du plus grand et du plus ancien monastère du pays, fondé avant le schisme d’Orient, il y a plus de mille ans, par saint Jean de Rila. Pendant les 5 siècles de domination musulmane en Bulgarie, la religion, la culture et la tradition bulgares ont été conservées dans ce lieu qui renferme les reliques du saint. Le monastère de Rila est l’un des monuments les plus considérables et les plus célèbres de la Bulgarie.

Ouverture

En attendant, pour préparer la venue de Jean Paul II, les orthodoxes bulgares ont dû travailler ensemble. Sur place, cet aspect est déjà considéré comme un pas en avant dans l’unité de cette Eglise qui représente 85% de la population. Les relations au sein même de l’Eglise orthodoxe bulgare étaient tendues depuis 1992, l’élection du patriarche Maxime, en 1971, ayant été remise en cause par une partie des orthodoxes, dirigés par le métropolite Pimen. Le patriarche étant accusé d’avoir collaboré avec l’ancien régime communiste.

En 1998, l’Eglise orthodoxe bulgare s’est réunifiée autour du patriarche Maxime. Ce dernier a d’ailleurs reçu le soutien du patriarche oecuménique Bartholomé Ier. Même si les orthodoxes ont officiellement mis fin au schisme, certaines divisions persistent toujours, en particulier au niveau des paroisses et des communautés locales.

Cette volonté d’apaisement au sein de l’Eglise orthodoxe bulgare a permis une ouverture vis-à-vis de la communauté catholique, qui représente près d’1% de la population. Une commission mixte a notamment été créée dans le but de travailler en commun pour relancer un dialogue jusqu’alors difficile.

Au sein de la communauté catholique, les relations sont considérées comme étant plutôt bonnes. Les catholiques de rite latin et ceux de rite byzantin- slave sont rassemblés au sein d’une même Conférence épiscopale interrituelle, actuellement dirigée par Mgr Christo Proykov. Par ailleurs, parmi les quelque 60 prêtres aujourd’hui présents sur le territoire, la moitié d’entre eux sont d’origine bulgare, les autres étant des étrangers venus avec les communautés religieuses dès la fin du communisme, en 1989.

Jean Paul II insistera sur l’unité entre les catholiques de ces deux rites, en visitant les deux cathédrales qui leur appartiennent et surtout en béatifiant, le dernier jour de son voyage à Plovdiv – située à une centaine de kilomètres à l’est de Sofia -, trois prêtres assomptionnistes victimes du communisme, dont l’un, le père Kamen Vitchev, est de rite oriental alors que les deux autres, les pères Pavel Djidjov et Josaphat Schichkov, sont de rite latin. Ces trois prêtres – qui appartiennent aux trois diocèses existant en Bulgarie – avaient été condamnés à mort en même temps que l’évêque catholique Evgenij Bossilkov (1900-1952), canonisé à Rome en 1998. (apic/imed/pr)

16 mai 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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