Promotion de l’intégration
Berne: Assemblée annuelle de la Commission de la CES pour les migrants
Berne, 23 mai 2002 (APIC) A une semaine de l’entrée en vigueur des accords bilatéraux sur la libre circulation, la politique de l’intégration des étrangers a reçu des appuis de représentants de l’Eglise catholique, de l’économie suisse et de la Confédération, lors de l’assemblée générale de «Migratio», la Commission de la CES pour les migrants, tenue le 23 mai à Berne.
La tâche principale de «Migratio» est la planification et la structuration de la pastorale des fidèles de langue étrangère en suisse. A ce titre, la Commission de la Conférence des évêques suisse pour les migrants a invité Kurt Rohner de l’Office fédéral des étrangers et Ruedi Horber de l’Union suisse des arts et métiers (USAM). Ils ont donné leur point de vue sur l’évolution de la politique des étrangers en Suisse. Au coeur des exposés: la distinction entre ressortissants provenant de l’Union européenne et de l’AELE, qui bénéficieront dès le 1er juin des accords bilatéraux sur la libre circulation, et ceux provenant des pays tiers. Ces derniers seront classés entre «qualifiés» et «non qualifiés» dès le 8 mars 2003.
La présidente sortante de la Commission sociale de «Migratio», Lucrezia Meier-Schatz, a demandé une politique des étrangers qui ne soit pas seulement économique, mais aussi et surtout familiale et conforme à la dignité humaine. Kurt Rohner de l’Office fédéral des étrangers a défendu les options de la Confédération, en distinguant citoyens européens et ressortissant des pays tiers. A ses yeux, la notion de «qualifié» et de «non-qualifié» découle des accords bilatéraux et des nécessités pragmatiques d’une Suisse peuplée à 20% d’étrangers. Il a souligné l’importance du regroupement familial en vue d’une meilleure intégration.
De son côté Ruedi Horber de l’USAM (organisation faîtière des PME de Suisse) a également soutenu le regroupement familial car, a-t-il dit, «un travailleur bien intégré est plus productif». Il a cependant ouvertement remis en questions la distinction entre travailleurs qualifiés et non qualifiés issus des pays tiers et réclamé un maximum de flexibilité dans les procédures d’embauche, demandant même l’introduction de quotas saisonniers pour répondre aux demandes de secteurs comme le tourisme ou l’agriculture. Selon lui, un système légal mal adapté aux besoins de l’économie favorise les pratiques illégales, notamment le travail au noir.
Le président de «Migratio», Fulvio Caccia, a plaidé pour une «non discrimination active», à savoir une politique d’intégration intensive qui va jusqu’à poser la question de la dimension démocratique d’un pays qui refuse le droit de vote à toute une tranche de ses résidents.
Nominations: Denis Torche succède à Lucrezia Meier-Schatz à la tête de la Commission sociale. L’Abbé Jean-Paul de Sury est remplacé à la direction de la commission pastorale par Markus Büchel, vicaire épiscopal du diocèse de St-Gall. (apic/sh)




