Encadré
Jean Paul II béatifie des «espions du Vatican».
Le 11 novembre 1952 à 23h30, dans la prison centrale de Sofia, étaient fusillés trois assomptionnistes bulgares, les pères Kamen Vitchev, Pavel Djidjov et Josaphat Chichkov, en même temps que Mgr Eugène Bossilkov, évêque de Nicopoli. Ils ont été reconnus martyrs, «morts par haine de la foi», alors que tous les quatre avaient été condamnés à mort le 3 octobre comme «espions du Vatican» et «valets de l’impérialisme» lors d’un procès fracassant guidé par Moscou contre l’Eglise. C’était la première fois que des religieux devaient être exécutés par les soviétiques.
Le père Kamen Vitchev (1893-1952) était âgé de 59 ans au moment de son exécution. Il était alors le supérieur des 20 assomptionnistes bulgares, seuls membres de la congrégation à avoir pu rester après l’expulsion des religieux étrangers en 1949. Homme cultivé au charisme reconnu, il exerçait un rayonnement et une influence considérables sur les jeunes. Ce prêtre de rite oriental avait été préfet des études du collège Saint-Augustin créé par les Assomptionnistes à Plovdiv, fermé en 1948 par le nouveau régime. Il fut arrêté le 4 juillet 1952 par la milice communiste, accusé d’être le chef de l’espionnage catholique oeuvrant contre la sécurité de l’Etat.
Le père Pavel Djidjov (1919-1952), fut arrêté en même temps que le père Kamen, alors qu’il n’avait que 33 ans. Responsable de l’économat du collège Saint-Augustin, il était connu pour son «intrépidité» face aux autorités communistes. Suivi constamment par les services secrets de l’Etat pour cette raison, il fut arrêté au séminaire de Plovdiv, comme numéro deux sur la liste des dénoncés.
Le père Josaphat Chichkov (1884-1952) fut quant à lui arrêté dès le mois de décembre 1951, à l’âge de 68 ans. Ouvert aux nouvelles techniques, il a été le premier citoyen de sa ville à utiliser une machine à écrire avec des caractères cyrilliques. Il intégra également dans la formation des séminaristes, des séances de cinéma, permettant en outre aux jeunes d’écouter pour la première fois le ’gramophone’. Il fut arrêté alors qu’il était curé de la paroisse de Varna, en Bulgarie. Pendant un an, les assomptionnistes n’eurent aucune de ses nouvelles, jusqu’au jour où les journaux publièrent la liste de 40 personnes dénoncées pour espionnage et conspiration contre «le pouvoir du peuple». (apic/imed/sh)




