Dans l’attente du jugement en appel, le 8 juillet

Nigeria: Amina Lawal libérée

Abuja, 3 juin 2002 (APIC) Le tribunal islamique de Funtua, dans l’Etat Etat de Katsina, au nord du Nigeria, a ordonné lundi la libération, jusqu’en janvier 2004, d’Amina Lawal, une Nigériane de 30 ans condamnée à mort par lapidation pour adultère, a annoncé le tribunal.

Amina Lawal est libérée pour pouvoir s’occuper de sa fille âgée d’un an, a précisé le tribunal, ajoutant que cette décision était indépendante du jugement en appel qui doit être rendu le 8 juillet.

Le tribunal islamique de Funtua doit examiner en appel l’affaire d’Amina Lawal, condamnée à mort par lapidation pour adultère le 22 mars par un tribunal islamique de Bakori, de l’Etat de Katsina, après qu’elle a avoué avoir eu un enfant alors qu’elle était divorcée.

Le juge Aliyu Abdullasi a fait droit à une demande de libération formulée par la défense. L’avocat d’Amina Lawal a interprété l’annonce de libération comme un premier pas vers l’acquittement de la Nigériane. «Nous sommes optimistes quant au succès de notre appel», a déclaré à l’AFP l’avocat, Aliyu Musa Yawuri

Le 22 mars, un tribunal islamique de Bakori, dans l’Etat de Katsina (nord) avait condamné Amina à mort, après qu’elle eut avoué avoir eu un enfant alors qu’elle était divorcée.

Dénoncée par le chef du village

Amina, la plus jeune d’une fratrie de 13 enfants, a été mariée deux fois. Après son deuxième divorce en juin 2000, elle avait entamé en décembre une relation avec un homme qui avait duré onze mois, jusqu’en novembre 2001, date à laquelle elle a accouché d’une petite fille, Wasila. Elle a été arrêtée le 4 mars 2002 par des gens de son village de Kurami après que son beau-père l’eut dénoncée au chef du village.

La condamnation d’Amina est intervenue trois jours avant que la Cour d’appel islamique de l’Etat voisin de Sokoto n’acquitte Safiya Husaini, une Nigériane de 35 ans dont la condamnation pour les mêmes motifs avait suscité un large mouvement de protestations dans le monde.

Selon la charia, réintroduite en 2000 dans une douzaine d’Etats du nord du Nigeria, à majorité musulmane, une femme mariée une première fois, même si elle a ensuite divorcé, commet un adultère si elle a des relations sexuelles sans être remariée. La grossesse est la seule preuve requise. (apic/ag/pr)

3 juin 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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