Rome: La revue jésuite «Civiltà Cattolica» dénonce les jeux de hasard

Haro sur les paris à l’occasion du Mondial

Rome, 17 juin 2002 (APIC) Haro sur les paris à l’occasion du Mondial! Alors que les médias révèlent les sommes considérables mises en jeu dans le cadre de paris à l’occasion du Mondial de football, la «Civiltà Cattolica» dénonce les jeux de hasard en Italie. Dans son édition du 15 juin 2002, le bi-mensuel des jésuites italiens, sous la plume du Père Gianpaolo Salvini, met en garde le gouvernement italien et les familles contre les dangers de cette pratique qui peut dégénérer en attitudes «démoniaques».

Soulignant qu’en Italie, près de 60% des adultes «tentent leur chance», le Père Gianpaolo Salvini dénonce les jeux qui peuvent «dégénérer» l’esprit du joueur le conduisant à avoir une attitude «démoniaque».

Insistant sur l’aspect ludique – les joueurs doivent être conscients «qu’ils jouent pour faire semblant», le jésuite de la «Civiltà Cattolica» considère que le jeu «est une dimension fondamentale de la vie humaine». Il peut être considéré comme un «passe-temps» et comme moyen de croissance à condition qu’il soit bien géré. Chez les enfants, en particulier, rappelle la revue, «le jeux revêt une importance particulière dans leur processus de formation».

Des dépenses multipliées par 30

En Italie, ce sont près de 325 euros par an qui sont dépensés par chaque personne jouant à des jeux «légaux» et près de 215 euros pour les jeux «illégaux». Par ailleurs, on constate une nette évolution de l’attrait pour les jeux de hasard depuis 1977, puisqu’en 25 ans, les dépenses effectuées dans ce domaine ont été multipliées par 30.

Pour le Père Salvini, la raison la plus profonde de la diffusion des jeux de hasard est due à une perte de confiance dans la société. «Il est devenu inutile de cultiver ses propres talents, parce que la société ne les reconnaît plus et que la probabilité de s’y intégrer semble être moins grande que celle de gagner aux jeux», déplore-t-il. C’est pourquoi il lance un appel au gouvernement italien ainsi qu’aux familles pour «dénoncer les dangers et les effets négatifs» que peuvent avoir les jeux aussi bien au niveau personnel que familial. «Il faut éduquer les personnes au sens du travail» et à la «responsabilité de l’usage de ses propres ressources», conclut le jésuite.

Le cardinal italien Dionigi Tettamanzi, archevêque de Gênes, avait déjà dénoncé un tel phénomène, en février dernier, à l’occasion d’une rencontre sur ce thème qui s’était déroulée dans son diocèse. Il avait alors appelé les chrétiens comme l’Etat à «combattre» ces jeux. (apic/imedia/be)

17 juin 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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