L’usine de retraitement de Sellafield dans le collimateur des Eglises

Norvège: Les évêques demandent l’aide de l’Eglise d’Angleterre dans la lutte anti-nucléaire

Oslo, 20 juin 2002 (APIC) Plusieurs évêques de l’Eglise luthérienne de Norvège ont appelé leurs homologues de l’Eglise anglicane d’Angleterre à les aider à lutter contre le rejet des déchets nucléaires en mer.

Ces déchets radioactifs – du technétium 99 – proviennent de l’usine de retraitement de Sellafield dans le nord de l’Angleterre. Ce problème de rejet des déchets fait l’objet d’un débat en Norvège, où les communautés côtières estiment que leur santé et leur vie sont en danger à cause de la pollution qui se propage en mer du Nord.

Les exploitants de l’usine de Sellafield, British Nuclear Fuels Ltd (BNFL), ont manifesté «leur volonté de discuter», également avec les représentants de l’Eglise de Norvège. Pour BNFL, l’évacuation du technétium 99 dans la mer reste une meilleure option pour l’environnement que l’entreposage. L’entreprise rappelle qu’une étude effectuée indépendamment et confirmée par d’autres soutient cette idée.

BNFL est cependant aujourd’hui en position délicate, avec les pressions de défenseurs de l’environnement et de l’Agence de l’environnement du gouvernement britannique.

Le gouvernement Blair de sait pas répondre

L’Eglise de Norvège et l’Eglise d’Angleterre adhèrent toutes deux à l’Accord de Porvoo qui a établi la communion complète entre les Eglises anglicanes des îles britanniques et les Eglises luthériennes des pays nordiques et baltes. «Nous considérons notre initiative comme un moyen de renforcer la communion de Porvoo, qui nous invite continuellement à partager nos ressources et nos préoccupations», écrivent les évêques norvégiens dans une déclaration rapportée par l’Agence oecuménique ENI.

L’Eglise d’Angleterre a fait part des inquiétudes des Norvégiens au gouvernement britannique il y a environ trois mois. Mais, selon les représentants de l’Eglise, aucune réponse ne leur est encore parvenue.

La question du technétium a été aussi abordée par les deux gouvernements. Le gouvernement britannique et les représentants de l’usine de Sellafield nient toutefois que les déchets soient dangereux. Un ministre britannique aurait qualifié le risque pour la santé humaine de «minime».

Menace pour les populations côtières

Les cinq évêques norvégiens dont les diocèses comprennent la zone côtière ont publié la Déclaration de Sellafield avec le soutien de tous les évêques diocésains de l’Eglise de Norvège. Le document original a été remis à l’Eglise d’Angleterre au siège de celle-ci à Londres.

«L’existence d’un grand nombre de communautés côtières en Norvège est liée inextricablement à la mer», souligne la déclaration. «Si les ressources de la mer deviennent polluées, l’existence même de la population côtière de notre pays – ou d’autres pays – en sera bouleversée.»

Même si la déclaration n’est accompagnée d’aucune preuves scientifiques, un porte-parole de l’Eglise de Norvège, Vidar Kristensen, a précisé que des scientifiques norvégiens s’opposaient au rejet des déchets nucléaires dans la mer. Le secrétaire général du Conseil des relations internationales et oecuméniques de l’Eglise de Norvège, Stig Utnem, s’est pour sa part dit heureux de la réponse de l’Eglise d’Angleterre. C’est là le résultat de Porvoo. L’Eglise d’Angleterre nous a fait comprendre qu’elle avait renforcé son engagement envers le même objectif». (apic/eni/pr)

20 juin 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!