Père Battistelli: le mur de séparation n’arrêtera pas les terroristes

Terre Sainte: Le Custode s’oppose à la construction du mur destiné à isoler la Cisjordanie

Jérusalem, 20 juin 2002 (APIC) Le Père Giovanni Battistelli, Custode de Terre Sainte, a exprimé sa ferme opposition à la construction par les Israéliens d’un mur destiné à isoler la Cisjordanie du territoire israélien. Le religieux franciscain pense que le mur de séparation n’arrêtera pas les terroristes, mais aggravera encore la situation.

Réagissant aux derniers attentats terroristes qui ont fait près de 30 morts à Jérusalem, le religieux franciscain d’origine italienne a également dénoncé la spirale de violence qui tue des innocents sans résoudre pour autant le problème de l’Etat palestinien.

Le cercle vicieux de la violence

La répétition des actions violentes en Israël «provoquera des douleurs encore plus grandes», a souligné le Père Giovanni Battistelli, interrogé par la presse sur les attentats suicide à Jérusalem. «Il s’agit d’innocents qui ont perdu la vie à cause d’un geste irrationnel que la raison et la conscience refusent d’accepter. Maintenant, il faut s’attendre à la réaction d’Israël. Mais ce mécanisme d’actions et de réactions ne profite à aucune des parties en lutte».

De plus, a-t-il souligné, la construction d’un mur entre Israël et la Cisjordanie n’apportera aucun bénéfice: «Je ne saurais dire jusqu’à quel point il pourra empêcher l’entrée des terroristes, mais il aggravera les divergences sans garantir au peuple israélien la sécurité de ses frontières. Je ne sais pas quelles sont les raisons qui ont poussé à prendre pareille décision. L’histoire, même récente, nous enseigne que beaucoup de murs se sont écroulés. Je me rappelle encore les difficultés qui existaient quand Jérusalem était une ville divisée avant 1967. Je m’attends à une solution qui ne fasse pas obstacle aux entrées et aux sorties».

La proposition de Bush pour un Etat palestinien provisoire est irréaliste

«Je crois pouvoir dire que lorsqu’on parle du Moyen-Orient, conclut le Père Battistelli, on bafouille toujours plus. La proposition de Bush, c’est-à-dire un Etat palestinien provisoire, me semble difficile à appliquer. Comment peut-on en effet concevoir un état sans frontières? Une chose est certaine: ici les gens ont peur et ils sont en train de s’en aller».

L’émigration des chrétiens de Bethléem, berceau de la chrétienté, est un fait avéré depuis longtemps, mais il s’est accéléré depuis le déclenchement de la seconde intifada et les occupations à répétition par l’armée israélienne de la cité de la Nativité.

Emigration chrétienne: les Israéliens n’auront plus que les islamistes comme interlocuteurs

Depuis le début de l’intifada, quelque 600 chrétiens (grecs-orthodoxes, grecs-catholiques, latins, arméniens apostoliques), sur un total d’environ 20’000 dans la région, ont émigré, révèle le maire de Bethléem, Hanna Nasser, une personnalité catholique respectée. «Les chrétiens partent parce qu’ils n’ont pas de travail. Il n’y a plus de touristes à Bethléem, où les restaurants, les hôtels et les boutiques de souvenirs appartiennent quasiment tous à des chrétiens».

Les chrétiens ne représentent plus aujourd’hui que 2 % de la population en Terre Sainte. Quand il n’y aura plus de chrétiens, craignent les observateurs, le conflit israélo-palestinien risque de se transformer en conflit religieux. Les Israéliens n’auront plus alors comme interlocuteurs que des islamistes radicaux qui basent leur combat sur le Coran plutôt que sur le nationalisme palestinien dont la lutte ne vise qu’à l’établissement d’un Etat palestinien souverain. (apic/vid/be)

20 juin 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!