Le prélat prié de taire ses opinions

Liban: L’agresseur de Mgr Haddad risque trois ans de prison

Beyrouth, 20 juin 2002 (APIC) L’agresseur de Mgr Haddad risque jusqu’à trois ans de prison pour «atteinte à l’unité nationale». Dans la soirée du 13 juin, il a frappé et jeté à terre le prélat célèbre au Liban pour son engagement social et ses positions théologiques avant-gardistes. Sa hiérarchie, qui condamne l’agression, demande à Mgr Haddad de ne plus exprimer ses opinions théologiques en publique.

Carlos Abboud (28 ans), l’agresseur de l’évêque grec-catholique Grégoire Haddad est passible d’un à trois ans de prison. L’avocat général auprès de la cour d’appel du Mont-Liban, Raja Harmouche, a porté plainte le 19 juin contre lui, ainsi que contre deux de ses camarades, Raymond Makhlouf (37 ans) et Antonios Bassim (29 ans).

Me Harmouche a jugé que leur action est passible de peines de un à trois ans prévues par le code pénal pour des délits susceptibles de porter atteinte à l’unité nationale ou de troubler l’harmonie entre les divers éléments de la population. L’évêque a accordé son pardon à son agresseur, mais ce geste ne suspend pas pour autant l’action du parquet.

La commission épiscopale pour les communications sociales de l’Assemblée des patriarches et évêques catholiques (APECL), réunie sous la présidence de Mgr Roland Aboujaoudé, vicaire patriarcal maronite, a condamné dans un communiqué, l’agression dont Mgr Haddad a été victime, tout en critiquant la diffusion à large échelle par l’évêque d’avis «contraires à l’enseignement traditionnel de l’Eglise». Mgr Haddad a été critiqué pour avoir mené des débats théologiques en dehors des structures prévues à cet effet et pour «n’avoir pas réfléchi aux conséquences pastorales de ses idées», informe le communiqué.

Le patriarche melkite Grégoire III Laham a annoncé mercredi 19 juin que l’évêque Grégoire Haddad cessera dorénavant d’exposer ses «vues théologiques car elles ont besoin de maturation et de connaissances approfondies» pour être assimilées. Le patriarche a donné ces précisions à l’occasion de l’ouverture du synode de l’Eglise grecque-catholique, à Raboué, synode dont les travaux se poursuivront jusqu’à samedi 22 juin et qui réunit 23 évêques de tous les diocèses au Liban et dans le monde. (apic/orientlejour/sh)

20 juin 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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