Le sort de 30’000 personnes en jeu
CapVert: Le gouvernement et le PAM divisés sur la situation alimentaire dans le pays
Dakar, 2 juillet 2002 (APIC) Polémique entre le gouvernement du Cap-Vert et le Programme Alimentaire Mondiale (PAM) sur la situation alimentaire dans le pays. Le PAM a tiré un cri d’alarme en faveur du Cap-Vert, le 27 juin dernier. Le premier ministre a démenti une situation de famine dans cet archipel aux larges du Sénégal.
Selon le PAM, la famine menace quelque 30’000 personnes vivant dans cette archipel située à 500 km des côtes sénégalaises. Ces populations ont besoin d’une aide alimentaire d’urgence. C’est la première fois en plus de 20 ans, que le pays se trouve confronté à une pénurie alimentaire de si grande importance au point de solliciter son aide d’urgence, déclarait le PAM, dans un communiqué à la presse. «La famine progresse à grande vitesse alors que les conditions de vie des populations se détériorent au Cap Vert», poursuivait-il. Selon l’organisation onusienne, la situation y est si grave que de nombreuses familles ont commencé à «consommer les graines réservées à la semence».
Face à cette situation pressante, le PAM annonçait avoir commencé le 27 juin une «opération d’urgence». Elle vise à satisfaire les besoins en aliments de base des 30’000 personnes menacées de famine, pour un coût de 1,3 million de dollars. Cette action d’assistance est destinée en priorité aux «ménages les plus vulnérables, dirigés par des femmes, des personnes handicapées ou âgées et incapables de travailler».
Le gouvernement nie la gravité de la situation
Ce mardi matin, le premier ministre cap-verdien, Jose Maria Deves, a démenti que le pays soit menacé de famine. «Ce que nous avons, c’est une situation de vulnérabilité et le gouvernement a lancé un appel au PAM pour aider ces familles», a-t-il affirmé, ajoutant «qu’il n’y a pas de famine actuellement au Cap-Vert». Le chef du gouvernement qui s’exprimait sur Radio France Internationale, a ajouté que le PAM «dramatise la situation».
Selon le PAM, la production agricole en 2002 au Cap-Vert dépasse légèrement 18’000 tonnes, soit une baisse de 23% par rapport à 2001. Le Cap-Vert, un pays composé d’une douzaine d’îles dans l’océan atlantique connaît régulièrement une situation alimentaire difficile du fait de sa position géographique. Les récoltes céréalières du pays ne représentent que 10% de ses besoins alimentaires en «année normale», le reste étant fournie par l’aide internationale et l’importation. (apic/ibc/bb)




