La mission des xavériens a été pillée dix fois en 6 ans
Congo RDC: Le sud Kivu est classé parmi les pires pays à vivre par l’agence Misna
Kinshasa, 21 juillet 2002 (APIC) «S’il y avait un ’Guiness des records’ des pays où il ne fait pas bon vivre, le Sud Kivu serait probablement parmi les mieux classés», soutient l’agence d’information missionnaire Misna basée à Rome. Une mission des Pères xavériens, établie à Kitutu à 230 kilomètres au sud-ouest de Bukavu, a été saccagée dix fois depuis 1996. Et pourtant, l’histoire de cette communauté offre «un souffle d’espérance», soutient Misna.
C’est dans cette région orientale de l’ancien Zaïre, sur la frontières des Grands Lacs, que trois xavériens accomplissent leur mission ’’ad gentes’’. Depuis 1996 à ce jour, quand la ’’guerre de libération’’ du défunt président congolais Laurent Desiré Kabila passa de ce côté, la mission fut saccagée dix fois. Suite aux différentes ’’libérations’’ qui se sont alternées, la communauté xavérienne a été victime des vols et des destructions commis par les militaires zaïrois en fuite, de ceux perpétrés par les Congolais, par les bandes armées de tout genre, les Mayi-Mayi (les partisans nationalistes congolais), les interhamwe rwandais et burundais présents dans la zone.
Avec ténacité, parfois au risque de leur vie, les Pères sont restés à leur poste pour donner du courage à la population locale, luttant pour la survie dans une zone dévastée par des conflits ininterrompus. Ils ont toujours reconstruit ce qui a été détruit et remplacé ce qui a été volé, grâce aussi à l’aide de nombreux bienfaiteurs italiens. Le matériel arrive par voie aérienne (un petit appareil) quand la route est impraticable, à cause des bandes armées.
Les murs conservent les balles entre les briques
«Il ont continué, avec foi et courage, à rendre visites aux différentes communautés chrétiennes de la vaste mission, toujours porteurs d’une parole de paix et d’espérance à ceux qui étaient en proie à la peur et au découragement, à cause de la vie qu’il mènent’’, a raconté à Misna un prêtre qui a connu leur persévérance et leur dévouement. Souvent, les balles ont sifflé près de leurs oreilles et le crépitement des Kalachnikovs a résonné à peu de distance. «Ils ont connu tous les régimes d’occupation armée de la zone qui s’alternent, les uns chassant les autres. Ils ont en vu de toutes les couleurs. Dieu les a toujours protégés même si les murs de la mission parlent encore d’échanges de tirs et conservent encore les balles dans les fissures, entre les briques».
«Ils ont sonné la cloche de la joie de vivre, même quand dans tout le village il n’y avait plus qu’eux trois’’, a continué le missionnaire. «La population cachée dans la forêt entendait le lointain écho de la cloche de la mission et priait en remerciant Dieu, même dans la mésaventure, car l’espoir de retourner et de vivre persiste. Les gens sont revenus, la vie a repris son cours, malgré tout, comme témoignage de la victoire du bien sur le mal, de la paix sur la guerre», a affirmé le prêtre. (apic/misna/bb)




