Pas moins de 406 catéchèses jusqu’à vendredi

Toronto: Premières catéchèses des JMJ prêchées par des évêques

De notre envoyé spécial à Toronto, Antoine Soubrier

Toronto, 25 juillet 2002 (APIC) Pendant que Jean Paul II se repose sur une île, un programme à base de catéchèse, confessions, messes et services sociaux a été proposé mercredi et jeudi aux quelque 200’000 pèlerins des Journées mondiales de la Jeunesse (JMJ). Pas tous. Certains ont préféré flâner dans la ville, partir à la découverte, prendre le chemin des champs. Jeudi, il quittera brièvement son île pour partir en hélicoptère à Toronto pour une cérémonie d’accueil avec les jeunes.

Le cardinal-archevêque de Toronto Aloysus Ambrozic, connu pour son conservatisme, a lancé un message combatif, tranchant avec les discours consensuels des JMJ. «Nous devons refuser de feindre une tolérance politiquement correcte, qui s’imagine que toute religion, conviction ou valeur sont égales. A travers nous le monde doit être conduit vers Jésus et avec lui vers le Père», a-t-il lancé.

Pas moins de 406 catéchèses sont organisées jusqu’à vendredi. En ukrainien, mandarin, slovène, arabe, anglais, espagnol ou français, des évêques du monde entier animent ces «universités d’été». Qui confesse le pape? quels sont les liens entre catholiques et francs-maçons?…le prélat doit savoir répondre à tout.

Mercredi, des centaines de groupes de jeunes se sont rassemblés autour de l’Exhibition Place et dans les différentes paroisses de la ville où se sont déroulées les catéchèses. Au total, près de 150 évêques, archevêques et cardinaux ont parlé dans leurs langues respectives aux jeunes venus les écouter.

Déchaînés mais obéissants

Avant de commencer sa catéchèse sur le thème des JMJ, «Vous êtes le sel de la terre, vous êtes la lumière du monde», le cardinal Jean-Claude Turcotte, archevêque de Montréal, a salué les participants. Français, Suisses, Belges, Corses, Québécois, ou Africains francophones: les quelque 4000 jeunes rassemblés sous un immense hangar jouxtant l’Exhibition Place, étaient plutôt sont déchaînés. Et obéissant. Sur un signe de la main du cardinal, le silence tombe en quelques secondes et le recueillement fait place à l’excitation.

Après avoir écouté avec attention ce discours «direct et franc», Pascal, un jeune Ivoirien habitant à Ottawa et venu avec trois amis Africains francophones immigrés au Canada, explique à I’APIC que s’il est à Toronto ces jours-ci, c’est «pour voir le pape». «Nous sommes venus le soutenir», affirme-t-il, regrettant que les médias canadiens aient «trop axé cette visite autour des scandales de pédophilie qui secouent l’Eglise ou encore sur les problèmes de visas non délivrés par le gouvernement canadien.

A quelques pâtés de gratte-ciel de là, un groupe d’Italiens chante dans une petite église de l’époque victorienne, en attendant leur évêque. «Nous attendons environ un millier de jeunes dans cette église», explique Alain, l’un des responsables de ce groupe. Chaque après-midi de la semaine, jusqu’à la veillée que présidera Jean Paul II le 27 juillet, cette cinquantaine de jeunes proposera un temps d’adoration médité en différentes langues.

Précieux

Près de l’Exhibition Place, Jean Vanier, fondateur de la communauté de l’Arche, parle avec fermeté aux jeunes venus nombreux pour l’écouter. Des personnes handicapées sont là, écoutant le message qu’il veut faire passer: «Chacun de vous est précieux!». Plus de 3’000 personnes l’applaudissent chaleureusement.

«Ces JMJ sont une source d’espoir pour vous les jeunes!», déclare pour sa part Mgr Wilton Gregory, président de la Conférence épiscopale des Etats- Unis, au Queen Elizabeth Hall. «Et vous aussi, vous êtes source d’espoir pour l’Eglise», ajoute-t-il aussitôt, appelant les jeunes «à aider cette Eglise, par leurs comportements et leurs attitudes, à grandir et à se fructifier».

A 13 heures, mercredi, les groupes se sont dispersés pour déjeuner, les uns au bord du lac Ontario, les autres en écoutant une chanteuse canadienne installée à Exhibition Place pour un concert rock improvisé. Dans l’après- midi, rendez-vous était donné en différents points de la ville pour les activités du «Festival de la jeunesse», parmi lesquelles, nouveauté de ces JMJ, les projets caritatifs devaient prendre formes. «Une manière de sensibiliser les jeunes à la solidarité avec les plus pauvres», explique le père Thomas Rosica, directeur national des JMJ. (apic/imedia/pr)

25 juillet 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
Partagez!