La même foi comme principale communication
Bilan des JMJ avec le cardinal Francis George, archevêque de Chicago
Propos recueillis par Antoine Soubrier
Toronto, 29 juillet 2002 (APIC) Les JMJ à peine achevée, le cardinal Francis George, archevêque de Chicago, aux Etats-Unis, fait un premier bilan de l’événement pour I’APIC. Nommé cardinal par Jean Paul II en 1998, c’est lui qui avait écrit les méditations de la retraite de carême du pape, en 2001.
APIC: Quel bilan faites-vous de ces JMJ ?
Cardinal Francis George: Au niveau de la foi, ce bilan est très positif. Ces quelques jours ont permis à des milliers de jeunes du monde entier de se rencontrer autour d’un même objectif, alors même qu’il était très difficile, voire impossible pour bon nombre d’entre eux de communiquer. La principale communication dont nous avons été témoins ici est celle du partage d’une même foi. Pour les jeunes, il est très important de découvrir cet aspect universel du monde de la jeunesse, car il peuvent ainsi exprimer leur désir profond d’universalité qui n’est pas possible simplement dans un pays ou dans une culture.
APIC: Quelles apports peut-on espérer pour l’Eglise du Canada ?
Cardinal Francis George: Comme aux Etats-Unis, le Canada doit faire face à un dialogue difficile mais indispensable entre la foi et les forces de sécularisation. Dans ce pays où l’Eglise catholique traverse une crise depuis les années 60, il était important que les jeunes Canadiens se retrouvent au centre de ce dialogue pendant une semaine, accompagnés par Jean Paul II. Pendant longtemps, on a parlé de deux ’solitudes’ entre la partie anglophone et la partie francophone du Canada. Aujourd’hui, ce pays est connu pour son multiculturalisme, et dans le contexte international actuel, il est devenu un milieu plus ou moins naturel pour un tel dialogue.
APIC: Les médias ont beaucoup parlé de l’impact négatif qu’ont pu avoir les récents scandales d’abus sexuels dans l’Eglise américaine.
Cardinal Francis George: Je pense que ce douloureux problème a pu être une grâce pour de nombreux jeunes qui ont dû remettre en question leur propre foi. Le fait de les voir à Toronto était déjà un point positif, puisque cela signifiait leur désir de participer à la vie de l’Eglise. J’espère maintenant que les jeunes repartiront chez eux avec le désir de répondre à l’appel que Jean Paul II leur a fait de copier leurs attitudes à celle proposée par le Christ sur le mont des Béatitudes.
APIC: Quelles ont été les réactions des jeunes et des évêques canadiens que vous avez rencontrés au cours de ces JMJ ?
Cardinal Francis George: Sur place, les réactions sont vives et très positives, dans l’ensemble. Mais on ne peut pas se prononcer tout de suite sur les fruits de cet événement. Il faut maintenant attendre quelques mois et voir si l’Eglise canadienne arrivera à maintenir l’esprit des JMJ parmi ses jeunes, tout en tenant compte des réalités locales. (apic/imedia/pr)




