Allemagne: Les «femmes prêtres» réclament au Vatican la levée de leur excommunication

Pour elles, le décret de Rome n’est pas valable

Munich, 16 août 2002 (APIC) Les 7 femmes catholiques «ordonnées» prêtres illégalement le 29 juin dernier à Passau réclament au Vatican la levée de leur excommunication. Dans une lettre à la Congrégation romaine pour la doctrine de la foi rendue publique jeudi à Munich, elles exigent en outre un avocat à même d’assurer leur défense dans la poursuite de la procédure, comme le prévoit le droit canonique.

Les femmes excommuniées demandent également avec insistance d’être entendues par le Vatican et exigent un dialogue «attendu depuis longtemps» entre les femmes et leurs évêques diocésains. De l’avis des femmes «ordonnées» prêtres illégalement fin juin, le décret d’excommunication n’a pas été rendu public dans les règles et de ce fait n’est pas en vigueur.

Ainsi, les femmes relèvent avoir pris connaissance du décret d’excommunication le 5 août uniquement en lisant la presse. Ce n’est que quelques jours plus tard qu’une lettre contenant le décret, dépourvue du nom de l’expéditeur et non timbrée, a été déposée à Berg am Starnberger See, devant la porte du domicile du fils de Gisela Forster, porte-parole du groupe des femmes allemandes.

Les recourantes affirment d’autre part n’avoir pas commis le «délit très grave» qu’on leur reproche. D’après elles, l’ordination sacerdotale de femmes ne fait pas partie des délits passibles d’excommunication prévus dans le droit canonique catholique. Les femmes excommuniées reprochent au cardinal Joseph Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, ne pas avoir répondu à un seul de leurs arguments, qualifiant cette attitude de méprisante.

Retour possible au sein de l’Eglise: Rome n’a pas fermé toutes les portes

Rome a excommunié formellement lundi 5 août 2002 les sept femmes catholiques ordonnées prêtres illégalement le 29 juin sur un bateau naviguant sur le Danube. La Congrégation pour la doctrine de la foi avait donné jusqu’au 22 juillet aux femmes qui avaient violé les prescriptions ecclésiales pour demander pardon et faire marche arrière. N’ayant pas manifesté le moindre signe de repentir, les personnes concernées sont désormais exclues formellement des sacrements de l’Eglise catholique.

Considérant l’ultimatum prononcé le 10 juillet dernier par la Congrégation présidée par le cardinal Ratzinger, qui fixait la date du 22 juillet pour se repentir et reconnaître la nullité de leur ordination, le Saint-Siège déclare que Christine Mayr-Lumetzberger, Adelinde Theresia Roitinger, Gisela Forster, Iris Müller, Ida Raming, Pia Brunner et Angela White sont désormais excommuniées en raison du «très grave délit» qu’elle ont commis. Elles sont donc soumises aux censures et aux conséquences juridiques contenues dans l’article 1331 du code de droit canonique (CIC).

Interdiction de recevoir les sacrements et de revêtir un office ecclésiastique

Outre le fait qu’elles ne pouvaient de toute façon pas participer en tant que ministre à la célébration de l’eucharistie et aux autres cérémonies du culte, elles se voient interdire de recevoir les sacrements. Les personnes concernées ne peuvent pas remplir des offices ecclésiastiques, ministères ou n’importe quelle charge et ne peuvent obtenir validement une dignité, un office ou une autre charge dans l’Eglise. Rome ne ferme pas la porte définitivement: la Congrégation pour la doctrine de la foi est confiante que les coupables, éclairées par la grâce de l’Esprit Saint, retrouveront le chemin de la conversion pour retourner à l’unité de la foi et à la communion avec l’Eglise qu’elles ont blessée avec leur geste, peut-on lire dans le texte signé par le préfet de la Congrégation, le cardinal Joseph Ratzinger, et son secrétaire, Mgr Tarcisio Bertone. (apic/kna/be)

16 août 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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