10’000 signatures pour mettre un terme à la violence et à l’impunité
Israël-Palestine: Appel d’Amnesty pour le respect du droit international humanitaire
Berne/Lausanne, 21 août 2002 (APIC) La Section suisse de l’organisation de défense des droits de l’homme «Amnesty International» (AI) a lancé mercredi un appel au respect du droit international humanitaire, «massivement violé» dans le conflit israélo-palestinien.
Son secrétaire général, qui était le mois dernier en Israël et dans les territoires palestiniens occupés, qualifie la situation des droits humains dans la région de «dramatique». 10’000 signatures ont été récoltées pour mettre un terme à la violence et à l’impunité.
Le secrétaire général de la Section suisse d’AI, Daniel Bolomey, rencontrera ces jours prochains des représentants d’Israël, de la Palestine, des Etats-Unis et de la Suisse. Daniel Bolomey leur remettra un Appel pour la défense du droit international humanitaire au Proche Orient, qui a été signé par plus de 10’000 personnes. Le responsable d’AI demande qu’il soit mis un terme à l’impunité de ceux qui commettent des crimes, «car depuis des mois, les Conventions de Genève de 1949 sont massivement violées en Israël et dans les territoires occupés par Israël.»
«En tant que membre d’une mission d’Amnesty International qui s’est rendue il y a un mois en Israël et dans les Territoires occupés, j’ai pu me faire une impression personnelle de la situation des droits humains dans la région: elle est dramatique. C’est pourquoi nous poursuivons nos efforts en exigeant des représentants diplomatiques concernés en Suisse de faire ce qui est en leur pouvoir pour que les droits humains soient enfin respectés», déclaré Daniel Bolomey.
Entre le 23 et le 27 août, accompagné d’autres représentants d’AI, D. Bolomey remettra un Appel pour la défense du droit international humanitaire au Proche Orient aux représentants à Berne ou Genève des parties concernées, de même qu’aux Etats-Unis et à la Direction politique du Département fédéral des Affaires étrangères (DFAE).
Conventions de Genève massivement violées en Israël et dans les territoires occupés
Les représentants d’AI essayeront de rendre attentifs leurs interlocuteurs sur la nécessité d’envoyer sur place des observateurs indépendants des droits humains. Depuis le début de la seconde intifada en septembre 2000, AI a multiplié ses engagements en faveur des droits humains dans la région. Avec six rapports détaillés concernant les atteintes aux droits humains commis par les deux parties en présence, d’innombrables communiqués de presse ou actions, de même que l’envoi de dix délégations sur place, Amnesty International s’est adressée en de multiples occasion tant aux représentants des Etats et parties concernés qu’au public.
La Section suisse a organisé une marche silencieuse pour les victimes du conflit, de même que plusieurs tables rondes concernant la problématique du Proche Orient. Elle a également encouragé le public à s’engager contre la violence dans la région.
Depuis des mois, les Conventions de Genève de 1949 sont massivement violées en Israël et dans les territoires occupés, écrit AI. Ces règles protègent de manière absolue les civils et les soldats mis hors combat dans leur intégrité physique et dans leur droit à la vie, elles garantissent le travail des équipes médicales humanitaires chargées de secourir les victimes de conflits armés contre toute atteinte.
Les civils pris pour cibles
Des populations civiles palestiniennes délibérément privées d’électricité, d’eau et de nourriture. Des centaines de familles mises à la rue et parfois ensevelies vivantes dans leurs maisons rasées par les tanks et les bulldozers. Des blessés qui agonisent plusieurs jours, des dizaines d’équipes médicales faisant leur travail prises pour cibles par des tirs de soldats. De l’artillerie et des armes lourdes utilisées sur des agglomérations densément peuplées, qui tuent de manière indiscriminée hommes, femmes, enfants et combattants. Des civils israéliens tués ou blessés par des attentats de kamikazes palestiniens.
Le sombre tableau décrit par AI pousse l’organisation à lancer un cri d’alarme: «Cette dramatique situation exige une réaction d’ampleur, car ce sont les règles fondamentales applicables en temps de guerre, consacrées par les Conventions de Genève de 1949, qui sont massivement violées en Israël et dans les territoires occupés.»
Dans son Appel, AI exige que les autorités israéliennes cessent immédiatement les graves violations du droit international humanitaire commises par leurs troupes vis-à-vis des populations civiles palestiniennes. «Les responsables de violations du droit humanitaire doivent être poursuivis et jugés.»
Kamikazes palestiniens: l’Autorité Palestinienne est également interpellée
L’Autorité Palestinienne est également interpellée: elle doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour que cessent les attaques commises par des Palestiniens sur des civils israéliens. Mais la responsabilité de la communauté internationale, en particulier des Nations Unies et de l’Union Européenne, est lourde: elle doit faire plus que de voter des résolutions. «Elle se doit d’agir et, notamment, d’envoyer une mission internationale d’observateurs sur le terrain sans délai.»
Les Etats-Unis sont également dans le collimateur de l’organisation de défense des droits de l’homme: ce dernier pays est sommé de mettre un terme à tous les transferts d’armement à destination d’Israël et des territoires occupés. (apic/ai/com/be)




