Conseil synodal: solidarité, intégration et responsabilité au coeur
Lausanne: L’Eglise évangélique réformée dit oui à la nouvelle Constitution vaudoise
Lausanne, 22 août 2002 (APIC) Le projet de nouvelle Constitution vaudoise a reçu la bénédiction de la plus importante Eglise du canton de Vaud. Le Conseil synodal de l’Eglise évangélique réformée (EERV) estime en effet que le texte soumis au peuple vaudois le 22 septembre 2002 vise à favoriser la solidarité, l’intégration et la responsabilité. Il appelle donc à voter oui à la nouvelle Constitution cantonale, fruit du long travail de l’Assemblée constituante.
Le Conseil synodal de l’EERV, dans un communiqué publié mercredi, approuve la visée générale du projet et se reconnaît dans la manière dont le texte aborde la question religieuse et définit les liens entre l’Etat et les Eglises et communautés religieuses.
Reconnaissance accordée à la communauté israélite
Le Conseil synodal, l’organe exécutif de l’Eglise protestante vaudoise, salue en particulier la reconnaissance accordée d’emblée à la communauté israélite. «L’Etat de Vaud, à l’instar d’autres cantons, reconnaît ainsi la participation séculaire de cette communauté à la vie sociale et publique.»
Les prises de position du Conseil synodal ne sont pas fréquentes en matière de votation, mais en l’occurrence il a choisi de faire entendre sa voix, considérant que le vote d’une nouvelle Constitution est un événement majeur, car le peuple est invité à donner un nouveau cadre aux institutions cantonales et, en fin de compte, à la vie quotidienne de tous et de toutes.
Les responsables de l’EERV ne s’attachent pas au seul article sur les Eglises et communautés, mais prennent en considération l’ensemble du texte soumis aux électeurs, qui contient 180 articles. Ils saluent le travail de l’Assemblée constituante, dont les membres sont en partie issus des milieux politiques traditionnels, mais ont également fait la place à des indépendants venus d’autres milieux, artistiques, associatifs, journalistiques, religieux. «Des forces vives du canton ont développé des liens entre elles, travaillé et débattu en commun, trouvé les voies du consensus ou du compromis», relève le Conseil synodal de l’EERV.
EERV et Eglise catholique romaine dotées d’un statut équivalent
Le Conseil synodal approuve la manière dont le texte constitutionnel aborde la question religieuse et définit la place des Eglises et communautés. En reconnaissant la dimension spirituelle de la personne humaine et la contribution des Eglises et communautés à la transmission de valeurs fondamentales, la nouvelle Constitution maintient le lien entre l’Etat de Vaud et les Eglises dans le canton, tout en lui donnant des formes nouvelles.
L’exécutif de l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud estime «logique» que l’EERV et l’Eglise catholique romaine soient dotées d’un statut équivalent: «La composition confessionnelle du canton et la référence de ces deux Eglises à une mission commune le commandent.» Les deux Eglises sont là pour être au service de tous. L’Etat fournit aux deux Eglises historiques les moyens financiers pour accomplir leur mission auprès de l’ensemble de la population.
Quid des paroisses ?
D’aucuns auraient souhaité que le texte constitutionnel mentionne explicitement l’existence des paroisses. Le Conseil synodal ne s’inquiète pas de l’absence de cette mention. D’abord parce que le texte dit que le service de l’Eglise s’adresse à tous dans le canton; ce sont les paroisses qui manifestent la présence de l’Eglise sur l’ensemble d’un territoire. Ensuite parce que la Constitution confère aux Eglises la liberté d’organisation. Le débat sur les formes de présence de l’Eglise aura lieu par la suite, notamment lors de la mise en place de la loi ecclésiastique propre à chaque Eglise. C’est une évidence, mais le Conseil synodal tient à redire son attachement profond au développement de la vie paroissiale qui ne saurait être mis en question, tout comme il voue son attention à d’autres formes de présence de l’Eglise dans des institutions et auprès de catégories particulières de la population.
Dimension plurielle de la société en matière de religion; une visée de solidarité
Un article sur les Eglises et les communautés religieuses ne pouvait ignorer la dimension plurielle de la société contemporaine en matière de religion. C’est pourquoi le Conseil synodal approuve la possibilité offerte à l’Etat de nouer des liens avec d’autres communautés religieuses selon un statut juridique différent.
L’esprit du texte et plusieurs articles en particulier expriment la volonté de créer dans le canton de Vaud une société et une vie commune placées sous le signe de la solidarité, de la responsabilité et de l’intégration. Le Conseil synodal relève le soutien aux familles, l’intégration des personnes handicapées, l’accueil préscolaire et parascolaire, la mise en place de structures de médiation, l’assurance maternité, la formation civique.
Deux éléments du texte de la nouvelle Constitution lui semblent également importants: le droit de vote en matière communale et la naturalisation facilitée pour les étrangers. «Notre société revêt de plus en plus un caractère multiculturel. L’intégration des étrangers représente l’un de ses défis majeurs», commente le Conseil synodal de l’EERV. Qui salue également la reconnaissance de la vie associative. Les Eglises, depuis longtemps, savent la valeur du travail bénévole, son importance pour le développement et le maintien du tissu social. Le Conseil synodal se réjouit de voir la nouvelle Constitution accorder de l’importance à ces multiples services rendus à la collectivité.
La mention de la Création dans le préambule: «un compromis boiteux»
Petit bémol en ce qui concerne le préambule de la nouvelle Constitution, qui mentionne la «Création». Le Conseil synodal estime que la mention de la création avec une majuscule en initiale prête à confusion. «Lui accorderait-on une dimension transcendante, quasi divine ?» Dans ce cas, le Conseil synodal ne pourrait souscrire à cette interprétation.
Il y voit le fruit d’un «compromis boiteux». Peut-être aurait-il mieux valu oser la mention de Dieu et mentionner la création sans majuscule ou renoncer à tout préambule, constatent les responsables de l’EERV, qui ont également ici ou là des réserves personnelles sur l’un ou l’autre des 180 articles. Ces quelques réserves n’empêchent pas l’EERV de descendre dans l’arène politique pour défendre le «oui» le 22 septembre, car «l’essentiel est de doter le canton d’une Constitution qui prenne au mieux en compte la complexité de notre société tout en ouvrant des voies pour l’avenir: ce texte y parvient». (apic/com/eerv/be)




