Pour les orthodoxes, une domination des points de vue protestants
Genève: Des points délicats à l’ordre du jour du Comité central du COE
Genève, 23 août 2002 (APIC) Les 158 membres du Comité central du Conseil oecuménique des Eglises (COE), vont examiner dès lundi des propositions – qui pourraient être sujettes à controverses – concernant le processus de prise de décisions de l’organisation basée à Genève. Les orthodoxes voudraient avoir davantage droit au chapitre.
Les Eglises orthodoxes membres se plaignent en effet de la domination des points de vue protestants au sein de cette réunion de 342 Eglises, qui comprend toutes les grandes traditions – protestante, anglicane et orthodoxe – à l’exception de l’Eglise catholique romaine, qui collabore activement avec le COE sans en être membre.
La question de ces changements sera débattue par le Comité central, qui aura lieu à Genève du 26 août au 3 septembre. Ces propositions ont été faites par la Commission spéciale sur la participation des orthodoxes au COE, mise en place pour traiter des préoccupations des Eglises membres orthodoxes qui estiment que les activités et programmes de l’organisation sont trop dominés par les vues protestantes.
Réserves épuisées, déficit de 6,6 millions de francs suisses
Les participants devraient aussi s’attaquer au problème épineux des finances du COE. Un rapport du COE a indiqué que la réserve générale du COE était épuisée suivant un déficit en 2001 de quelque 6, 6 millions de francs suisses (4,39 millions de dollars EU ) – soit cinq millions de plus que les prévisions.
Le COE a constaté qu’il rencontre actuellement des problèmes de liquidités et il a précisé que des responsables de l’organisation négocient en vue d’obtenir un prêt hypothécaire sur le Centre oecuménique qui devrait être couvert ces prochaines années par les revenus résultant des investissements.
La guerre américaine «contre le terrorisme», une menace pour «la paix et la justice»
Le Comité central, qui se réunit tous les 12/18 mois, devrait débattre de la guerre contre le terrorisme menée par les Etats-Unis et l’éventualité d’une intervention militaire des Etats-Unis contre l’Irak. Une rencontre organisée à New York ce mois, entre autres par le COE, a déclaré que «la guerre contre le terrorisme» était une menace pour «la paix et la justice».
Les membres du Comité central entendront également les rapports du secrétaire général du COE, le pasteur Konrad Raiser, et du président du Comité central, le catholicos Aram Ier de l’Eglise apostolique arménienne.
Le pasteur Konrad Raiser prend sa retraite en 2003
Le Comité mettra en place un comité de sélection chargé de proposer un successeur au pasteur Raiser qui prendra sa retraite l’an prochain après avoir occupé cette fonction pendant 10 ans.
Le dimanche 25 août, jour précédant l’ouverture officielle du Comité central, un service oecuménique sera célébré dans la cathédrale de Lausanne pour commémorer le 75e anniversaire de la première Conférence de «Foi et Constitution» qui s’est tenue dans cette ville en 1927. La Conférence de 1927, première grande rencontre interconfessionnelle à traiter des différences théologiques entre les Eglises, a contribué à la fondation du COE en 1948.
Deux Eglises orthodoxes ont déjà quitté le COE
Le mardi 27 août, les participants devraient se pencher sur la situation des Eglises d’Asie et le mercredi 28, discuter d’un rapport concernant le racisme, et de la nécessité pour les Eglises de traiter de ce problème dans leurs rangs et dans la société en général.
Toutefois c’est la rapport de la Commission spéciale sur la participation des orthodoxes au COE qui pourrait être le point le plus controversé de l’ordre du jour de la réunion. Ces dernières années, de nombreux orthodoxes ont reproché au COE d’être influencé par les vues occidentales, qu’ils jugent trop libérales, concernant le langage inclusif, l’ordination des femmes et la sexualité.
Deux Eglises orthodoxes ont déjà quitté le COE – celles de la Bulgarie et de la Géorgie – et toute démarche entreprise par d’autres Eglises orthodoxes pour se retirer de l’organisation pourrait mettre en péril la vision du COE comme organisation oecuménique ouverte à tous. (apic/coe/eni/be)




