Dix millions contre la Zone de libre échange des Amériques

Brésil: Plébiscite organisé par les Eglises et la société civile contre la ZLEA

Brasilia , 22 septembre 2002 (APIC) Un peu plus de dix millions de Brésiliens ont participé au plébiscite organisé par les Eglises et la société civile contre la création de la Zone de libre échange des Amériques (ZLEA). Le résultat de la consultation populaire est sans équivoque: seules 113’643 personnes ont répondu oui à la question de savoir si le gouvernement brésilien devait signer ce traité.

Les résultats viennent d’être rendus publics à Brasilia: la quasi totalité des participants ont en effet rejeté ce projet néolibéral, en disant encore plus clairement non à l’installation d’une base militaire des Etats-Unis en territoire brésilien.

Le plébiscite s’est déroulé entre le 1er et le 7 septembre, «Semaine de la Patrie». Avec 10’149’542 participants, ce vote national dépasse le «Plébiscite national sur la dette extérieure» qui avait vu la participation en l’an 2000 de plus de 6 millions de votants. Plus de 120’000 bénévoles se sont engagés dans la campagne qui va se poursuivre ces prochains mois au Brésil et sur l’ensemble du continent latino-américain.

«La souveraineté ne se négocie pas»

Pour la huitième fois, la Conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB), les pastorales sociales et d’autres entités ont marqué ce jour par des rassemblements dans tout le pays, sous l’égide du «Cri des Exclus». Avec le slogan «La souveraineté ne se négocie pas», la consultation du «Cri des Exclus» portait cette année sur la Zone de libre échange des Amériques (ZLEA, connue aussi le nom d’ALCA) envisagée par les gouvernements du continent.

«Nous devons donner la priorité aux droits humains et sociaux et non aux droits privés et aux accords commerciaux internationaux», a affirmé le cardinal Aloisio Lorscheider, lors d’une messe célébrée au sanctuaire marial d’Aparecida do Norte, dans l’Etat de Sao Paulo, devant près de 150’000 personnes.

Le plébiscite, mis sur pied par la Campagne contre la ZLEA qui réunit de vastes secteurs de la société civile, a eu lieu dans 3’894 municipalités, sur les quelque 5’000 que compte le pays. Les résultats ont été présentés le 17 septembre au Parlement fédéral dont le premier secrétaire s’est déclaré disposé à présenter un projet de loi en vue de l’organisation d’un plébiscite officiel. Une délégation a également été reçue au Sénat, au Tribunal Suprême fédéral et à l’ambassade des Etats- Unis.

«La présidence de la République ne nous a accordé aucune attention. Une telle attitude est le signe de l’habituel manque de respect du gouvernement fédéral pour la société», souligne par contre un communiqué de presse des initiateurs. Une question portait sur la cession aux Etats-Unis de la base militaire d’Alcântara, une île de l’Etat du Maranhao. Le rejet a été encore plus massif que celui de la ZLEA.

Pas question de brader l’Amazonie aux Américains

«Nous avons peur que l’installation de cette base fasse partie d’un projet impérialiste de contrôle de l’Amazonie», a déclaré Dom Franco Masserdotti, l’évêque qui préside le Conseil indigéniste missionnaire (CIMI). La campagne contre la zone de libre échange des Amériques va continuer ces prochains mois au Brésil et dans d’autres pays d’Amérique latine, en particulier dans le cadre du «Cri continental des Exclus», le 12 octobre. Une journée de lutte est prévue à Quito (Equateur) à la fin de ce même mois d’octobre, à l’occasion de la rencontre des ministres qui vont poursuivre les négociations en vue de la conclusion d’un accord sur la Zone de libre échange des Amériques. (apic/cbb/mba/be)

22 septembre 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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