Mgr Edgardo Storni rejette les accusations d’abus sexuels

Argentine: Démission surprise de l’évêque de Santa Fe de la Vera Cruz

Buenos Aires, 26 septembre 2002 (APIC) Alors qu’il a annoncé sa démission surprise à ses ouailles en Argentine, Mgr Edgardo Gabriel Storni, évêque de Santa Fe de la Vera Cruz, a rejeté jeudi les accusations d’abus sexuels contre des séminaristes qui lui sont adressées. Selon la presse argentine, le prélat âgé de 66 ans a remis sa démission au pape Jean Paul II. Jeudi, le Vatican n’a pas commenté l’information, mais on devrait en savoir plus ces prochains jours.

L’évêque de Santa Fe de la Vera Cruz, selon le quotidien «Clarin» du jeudi 26 septembre, aurait présenté sa démission samedi passé au pape Jean Paul II à Rome, où il séjourne actuellement.

D’après le journal de Buenos Aires, c’est la première fois dans l’histoire de l’Eglise argentine que l’on assiste à la démission d’un évêque pour un scandale de cette nature. «Clarin» affirme que la conduite de l’archevêque avait déjà fait l’objet d’une enquête de la part du Saint- Siège en 1994, mais les résultats n’en avaient pas été rendus publics. Une enquête serait également diligentée pour la disparition dans les années 90 de l’argent de collectes d’un montant approchant les 150’000 euros.

Le journal argentin écrit que Mgr Edgardo Gabriel Storni a envoyé de Rome par fax, au siège de l’Eglise locale, une lettre manuscrite où il présente sa démission. Cette lettre a été retransmise à la bonne centaine de paroisses du diocèse qui compte près de 800’000 catholiques. Dans sa missive, l’évêque de Santa Fe de la Vera Cruz affirme que sa démission ne signifie d’aucune manière qu’il reconnaît des fautes ni qu’il accepte les accusations. «Tout le contraire. En paix avec ma conscience, je rejette toute charge. Sachant que ni rien ni personne – ni ma propre conscience – peuvent me juger. Mon juge est le Seigneur».

Le prélat relève qu’après un temps de silence et «après tant d’agression et tant de douleur», il a choisi de démissionner pour «rompre un cercle infernal» et pour que la communauté jouisse à nouveau de la communion fraternelle.

Le scandale a éclaté en août dernier lors de la présentation à Santa Fe du livre «Notre Sainte Mère», de la journaliste Olga Wornat, qui critique notamment les liens entre la dictature militaire et des éléments de la hiérarchie ecclésiale argentine.

Une enquête demandée par le Saint-Siège

Dans le chapitre intitulé «Le prince et le pasteur», elle donne des détails qui impliquent Mgr Storni dans des présumés cas d’abus sexuels contre des séminaristes durant des vacances à Cordoba, en 1994. Une enquête sur cette affaire avait été confiée par le Vatican à l’archevêque de Mendoza, Mgr José Maria Arancibia, qui avait auditionné près d’une centaine de prêtres et de séminaristes.

La situation dans le diocèse s’est encore dégradée, rapporte «Clarin», quand le Père José Guntern, un descendant d’émigrants suisses âgé de 82 ans, a dénoncé à la police les pressions qu’il a subies il y a quelques semaines de la part de plusieurs vicaires de l’archevêché pour qu’il se rétracte à propos d’une lettre envoyée à Mgr Storni en 1994. Selon le journal, Père José Guntern lui reprochait sa conduite sexuelle. Le prêtre, qui bénéficie désormais d’une escorte policière, aurait reçu des menaces de mort et les prêtres qui l’ont menacé risquent jusqu’à 12 ans de prison.

Mgr Edgardo Gabriel Storni, nommé par Paul VI évêque auxiliaire en janvier 1977, a été ordonné évêque le 25 mars 1977. Le 28 août 1984, le pape Jean Paul II le désignait comme archevêque de Santa Fe, dont il prit possession le 30 septembre 1984. (apic/kna/clar/bostglob/be)

26 septembre 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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